Démontrer que le piratage a une incidence favorable sur les ventes, chiche ?

Nicolas Gary - 10.02.2016

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Un groupe de pirates situés en Chine, 3DM, spécialisé dans le hacking de système de sécurité, vient de créer deux surprises. Ce dernier a apporté à plusieurs reprises la preuve que les outils de protection étaient loin d'être irrésistibles. Sauf qu'actuellement, un système leur pose problème, celui de Denuvo. Et le groupe bloque. De quoi amener la seconde surprise : durant toute l’année 2016, 3DM s'engage à arrêter de craquer des jeux vidéo. Pour voir ce qui se passe. 

 

Bird Sister, porte-parole de 3DM

 

 

Retour dans le futur : Denuvo développe une solution anti-piratage, qui n’agit pas comme un DRM directement, mais comme une solution de cryptage, protégeant tous les produits sous DRM associés. Denuvo Software Solutions GmbH avait équipé cette solution sur plusieurs jeux, mais début décembre, le groupe chinois 3DM a démontré, une fois de plus, que hacker une solution de protection n’est pas toujours qu’une question de temps. 

 

Tous les yeux étaient d’ailleurs tournés vers ce groupe, alors que le pays attendait avec impatience la sotie de Just Cause 3, produit par Avalanche Studios et édité par Square Enix. 

 

Selon une porte-parole du groupe de pirates, baptisée Bird Sister, ou Phoenix, le jeu était tout de même bien protégé. Au point qu’en vertu des progrès des solutions anti-hacking, il est possible que, d’ici à deux ans, les jeux ne soient plus piratables du tout. 

 

Preuve en est : deux mois après sa sortie, le jeu est toujours vierge d’un décryptage sauvage. Et que, dans le même temps, 3DM a annoncé son intention de se retirer de la course au piratage. Bird Sister déclare en effet qu’après une sorte de réunion de travail, le groupe, dès que la nouvelle année chinoise sera inaugurée, ne prendra plus part à cette activité.

 

Bien entendu, les hackings provenant de groupes Warez extérieurs pourront toujours être communiqués sur le forum. Mais 3DM pourrait ne pas autoriser que les outils de contournements soient divulgués sur le site. 

 

Ce n’est d’ailleurs pas tant la question technologique qui sous-tend la réflexion des pirates chinois. Denuvo a été cité comme un modèle de casse-tête pour l’équipe, mais ce n’est pas la technologie qui les intéresse. Ce retrait de la course est actuellement lié à un tout autre questionnement.

 

3DM veut se prêter à une expérience, des plus légitimes et intéressante : « Nous allons vérifier la situation, d’ici un an, pour voir si les ventes réelles ont augmenté », précise Bird Sister. Autrement dit : est-ce qu’un groupe de pirates peut exercer une influence sur les ventes ? (via Torrent Freak)

 

 

 

Il ne fait guère de doute que, la nature ayant horreur du vide, d’autres viendront remplacer l’activité de 3DM. A ce titre, le pari est d’ores et déjà bancal. D’autant que le groupe ne compte pas arrêter son activité de traduction de jeux, pour le marché chinois. Traduction pas tout à fait validée par les ayants droit, évidemment.

 

Dans tous les cas, le retrait de la compétition sera certainement vécu, en attendant qu’un pou en chasse un autre, comme un coup dur pour les fans. 3DM agissait à l’échelle mondiale – celle d’internet... – et de nombreux internautes comptaient sur l’équipe. Il sera délicat de mesure l’incidence de ce retrait sur les ventes réelles de jeux PC/Xbox et consorts. Mais la position reste intéressante.

 

Quelqu’un a-t-il établi un parallèle entre l’arrêt de la Team Alexandriz et les ventes de livres numériques en France ?