Des Chasseurs de primes pour traquer les pirates d'ebooks, avec Bitcoin

Nicolas Gary - 20.01.2017

Lecture numérique - Législation - chasseurs prime Bitcoin - pirates ebooks upload - téléchargement distribution légalité


Pour éviter le recours aux DRM dans la protection des livres numériques contre le piratage, Erudition Digital a mis en place une solution inédite. Custos for eBooks repose sur une technologie déjà en cours dans la protection de films, ScreenerCopy, s’appuyant sur... Bitcoin. Le service de monnaie dématérialisée, une solution anti-contrefaçon ? 

 

Thad Zajdowicz, CC BY 2.0

 

 

Le traditionnel DRM, principalement poussé par Adobe, est avant tout connu pour son inefficacité contre les pirates, et ses multiples restrictions pour l’usager débutant. En ce sens, Custos for eBooks a cherché une approche plus fluide pour les éditeurs. 

 

Bitcoin est connu pour sa technologie de stockage et de transmission d’informations, baptisée blockchain. Tout à la fois transparente et sécurisée, elle a le mérite de ne pas recourir à une sorte de centrale de contrôle – contrairement au DRM Adobe, donc.

 

C’est en 2008 que ce système de blockchain est apparu avec la monnaie numérique. Cette dernière permet en effet une relation de confiance entre les différentes parties du système.

 

Ainsi, Custos for eBooks s’intègre dans les fichiers numériques comme un filigrane : ce dernier contient une forme d’alarme numérique, nommée bounty (une prime, NdR). Et dans le cas de livres numériques, l’éditeur est immédiatement alerté quand une personne tenterait d’uploader un ebook et serait alors rapidement identifiée.

 

En somme, lorsqu’un contenu est distribué d’une manière non autorisée, la prime Bitcoin est téléchargée : il est alors possible de découvrir pour Custos cette utilisation non autorisée, et d’en alerter l’ayant droit. 


Développé par des chercheurs de Stellenbosch University, le système CustosTech vise alors à décourager les partages non autorisés, et récompenser ceux qui dénoncent et/ou traquent les utilisateurs indélicats.

« Cela attaque l’économie du piratage en ciblant les internautes qui uploadent, plutôt que ceux qui téléchargent », explique l’entreprise. Avec dans l’idée que les uploaders diminueront donc avec le temps. 

 

Comment cela fonctionne ? L’alarme implémentée est donc ce que l’on appelle une prime, dans le langage Bitcoin. Il existe en effet tout un écosystème de protection autour de la monnaie, avec des Chasseurs de prime, qui traquent ainsi les vilains utilisateurs sur internet. N’importe qui peut alors devenir un traqueur de pirate – et être payé pour cela, en Bitcoin.

 

« Cela ne signifie pas simplement que nous pouvons détecter le piratage plus rapidement et plus en profondeur dans le Dark Web, mais également semer le doute au sein des communautés de pirates très solidaires, montant les piratâtes les un contre les autres », assure Fred Lutz, COO de Custos. 

 

Traquer l’économie pirate, tout en épargnant aux éditeurs l’utilisation de solutions DRM lourdes, l’idée est séduisante. Or, ce qui rappelle le watermarking classique (ou filigrane de sécurité), c’est que le partage est une fois encore restreint. On fait planer au-dessus de la tête de l’utilisateur une menace – celle du chasseur de prime – plutôt que de lui vendre des fichiers avec DRM.

 

À suivre...