Des ebooks gratuits avec la pub ? Un effondrement prévisible (François Bon)

Clément Solym - 12.01.2009

Lecture numérique - Acteurs numériques - publicité - ebooks - Publie


Rendre les livres électroniques gratuits au téléchargement, ou diffusés par extraits et expédiés par emails, et le tout en insérant de la publicité dans les ebooks, voilà une idée qui ne pouvait pas manquer de faire jaser. Pour un acteur aussi important dans le domaine de la publication et l'édition numérique que François Bon, le procédé présente un couac. Et de taille.

Concepteur de Publie.net, « ce nom de domaine publie.net acheté sur un coup de tête il y a 5 ans et qui servait depuis de petit labo caché, ou de stockage d’archives audio », François Bon a largement démontré que ses prospections dans le domaine faisaient de lui le premier des Mohicans, soit dit en toute amitié. Il semblait nécessaire de lui demander son opinion d'éditeur concernant un tel processus...

Sa réponse fut « immédiate et définitive ». De sa position d'éditeur, pour qui l'un des aspects du travail réside dans « l'amour que l'on met dans la mise en page », hors de question de gâcher ce travail. Ce serait en effet un comble, après avoir essayé « de la rendre la plus confortable et agréable possible sur des supports encore ingrats, pour aller tout cochonner via du racolage de marque ».

Mais alors n'est-ce pas un modèle économique intéressant pour une offre comme celle de Publie.net ? Sûrement pas : « Si publie.net a pris ce bon départ, c’est parce que les lecteurs savent bien qu’ils rémunèrent l’auteur (qui perçoit 50 % des recettes nettes) en téléchargeant nos textes », analyse François Bon. D'autant que d'un point de vue esthétique « vous les avez vues, les publicités qu’on trouve sur le Net » ?

Bon, sur ce dernier point, on pourrait contester et estimer qu'un sérieux travail permettrait d'obtenir des éléments graphiques agréables et visuellement bien intégrés. Mais l'avenir n'est pas à chercher de ce côté, estime-t-il. « Laissons ce système s’effondrer de lui-même, via sa propre saturation ! »