Des fragments inespérés du Code grégorien mis à jour

Clément Solym - 29.01.2010

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Quel meilleur moyen de conserver un texte daté du IVe siècle apr. J.-C. qu'en le déchirant en plusieurs fragments et en les répartissant dans la couverture d'un ouvrage médiéval ? Bon, reconnaissons que tout cela est un peu tordu, mais le résultat est là : des universitaires de Londres sont parvenus à identifier des passages du Code Grégorien (une copie, évidemment) et à les traduire.


Les 17 morceaux retrouvés ont pu être identifiés parce qu'ils sont souvent évoqués dans les textes de Saint Augustin d'Hippone, théologien du IVe siècle, qui fait de nombreuses allusions au Code dans l'ensemble de son oeuvre. En effet, il n'existerait aucune copie complète du Code actuellement connue.

Le Code représente une somme de décisions compilées et prises par les empereurs romains, faisant office de jurisprudence dans de nombreux cas. Les fragments retrouvés proviendraient d'une copie réalisée à Constantinople et servant à un avocat pour la préparation de ses plaidoiries.

Benet Salway et Simon Corcoran, historiens de l'University College London ont expliqué que ces extraits avaient été réutilisés dans un ouvrage du XVe ou XVIe siècle. Ils avaient été achetés par un collectionneur privé, à son insu, lors d'une vente aux enchères qui s'était déroulé dans la capitale anglaise.

Ouvrage de référence, à plus d'un titre

Le Code Grégorien aurait été rédigé au plus tard en 291 apr. J.-C.. Avec le Code Hermogénien, il avait servi à consistituer le Code de Théodose (le second du nom), empereur d'Orient, qui demanda le rassemblement des données juridiques. Il fut promulgué le 15 février 438.

Le travail de reconstitution aura été particulièrement laborieux, rapportent les deux universitaires. « Ces fragments sont la première preuve directe de ce que fut la version originale du Code Grégorien. Notre étude préliminaire confirme qu'il fut le premier d'une longue tradition qui s'étendrait jusqu'à l'ère moderne. »

Les réponses y sont classées par ordre chronologique et manifestement regroupées par chapitre thématique dans des rubriques, avec des corrections et des annotations entre les lignes. « Ces notes montrent que la copie aura été intensivement utilisée », confirme le Dr Salway.