Des livres dans Facebook : satisfaire les lecteurs à tout moment

Nicolas Gary - 12.11.2015

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La semaine passée, Facebook devenait un juke-box à extraits, en passant un accord avec Spotify et les différents services musicaux d’Apple. Music Stories allait offrir au réseau social de conserver plus captivèrent les utilisateurs. Álex Fernández, cofondateur du service de streaming 24Symbols, dédié aux livres, revient avec nous sur cette option.

 

Facebook Flower

mkhmarketing, CC BY 2.0

 

 

« La plupart des services de divertissement numériques voient Facebook principalement comme un énorme marché potentiel, et, également, comme un intéressant partenaire pour développeur leur entreprise. Les chiffres sont clairs, au troisième trimestre de 2015, Facebook enregistrait 1,55 milliard d’utilisateurs actifs par mois, un simple exemple. Et leurs utilisateurs mobiles se développent de jour en jour », explique Álex Fernández.

 

Il est donc logique que le service cherche à maintenir ses usagers sur sa plateforme, qu’ils y passent plus de temps encore. « Donc ils offrent toutes sortes de service internalisé : des jeux, des infos, de la vidéo, de la musique... De l’autre côté, ces fournisseurs de services souhaitent être sur Facebook pour atteindre leurs utilisateurs potentiels. Ils ont des profils Facebook professionnels pour partager des informations, ils promeuvent et vendent leurs solutions avec Facebook Ads, et ils tentent aussi de mettre en place tout type de partenariats. Cela ressemble à une situation gagnant-gagnant, mais je ne sais pas qui gagne le plus », poursuit-il avec un sourire. 

 

Depuis le début de l’année, 24Symbols a passé un accord avec Facebook, autour du projet Internet.org, et travaille sur certains autres projets. Le service de streaming a été lancé dans plus de 25 pays, grâce à Internet.org – Afrique, Amérique latine et Asie. D’ici à la fin de l’année, voire début 2016, 24Symbols sera implanté dans une centaine de pays. Et cela, grâce à Interneto.org. « Ce projet à vocation humanitaire a pour objectif de fournir une connectivité aux internautes des deux tiers de la population mondiale qui n’ont pas d’accès », rappelle-t-il. 

 

Déployer des solutions qui répondent aux usages

 

Et dans ce cadre, la société espagnole propose une jonction entre les comptes Facebook et son outil de lecture. Le tout avec des modalités de partages simplifiés. « Nous n’avons pas encore atteint le type d’accord que Spotify a déployé, mais je pense que cela s’explique par ce que musique et littérature sont complètement différentes et que leurs industries différent, en termes de règles et de législations. » 

 

La consommation même des œuvres diffère, et, analyse Álex Fernández, « il semble que la musique soit en avance par rapport à l’édition, en termes de conversion numérique des entreprises. Et malheureusement, 24Symbols ne peut pas y faire quoi que ce soit : seule l’industrie de l’édition le peut. Selon moi, l’avenir de la lecture numérique et le commerce de l’ebook nécessiteront d’abord une lutte forte et efficace contre le piratage. Cela implique une rééducation complète de la société afin de changer l’idée que tout ce que l’on trouve sur internet est gratuit, ou pas très cher ».

 

La suite passera également par la constitution de véritables récits numériques, « et pas simplement une simple transformation du papier en EPUB, mais l’invention d’une nouvelle narration ». Viendra alors la constitution de communautés de lecteurs, plus naturellement. « Je pense que l’industrie de la musique numérique a atteint la plupart de ces choses, de sorte qu’elle est maintenant mieux préparée pour affronter pleinement un marché numérique avec succès. »

 

Alors le futur, aux côtés de Facebook, s’inscrit dans une continuité logique. Se positionner à l’intérieur d’un réseau social, où les lecteurs se retrouvent devient une obligation. « Pour cette raison, nous sommes en train de concevoir un lecteur d’ebooks, pour Facebook, que nous alimentons. Nous proposons ce widget à tous nos éditeurs, car nous considérons qu’il augmenterait la visibilité et la possibilité de faire découvrir leurs catalogues. Et dans le même temps, d’attirer des lecteurs qui souhaitent lire, quand ils sont à l’intérieur de Facebook. » On peut en trouver un exemple avec la maison d’édition argentine, Eterna Cadencia.

 

« La conclusion, comme nous le savons tous, c’est que le client a toujours raison, alors écoutons-le. Fournissons des lectures aux clients, là où ils souhaitent lire, pas dans les espaces où ils ne le veulent pas, et proposons-leur de lire où et quand ils le souhaitent, pas en pensant à leur place. »


Pour approfondir

Editeur : PUF
Genre : histoire essais
Total pages : 168
Traducteur :
ISBN : 9782130635352

L'histoire de France selon Facebook

de Thiebaud Baptiste

Y aurait-il eu un " do it yourself " pour apprendre à tailler ses silex ? Clovis aurait-il changé son statut de païen après son baptême ? François Ier aurait-il publié un album sur ses châteaux ? A quel groupe les révolutionnaires de 1789 se seraient-ils inscrits ? Louis XVI aurait-il été arrêté à cause de son dernier " post ", près de Varennes ? Qu'aurait publié sur son mur Napoléon après Waterloo ? Charles Baudelaire aurait-il eu beaucoup de " fans " ? S'appuyant sur une chronologie réelle, l'auteur détourne les épisodes les plus connus de notre histoire nationale. Le fil d'actualités court ainsi de l'arrivée des premiers hommes sur le territoire aujourd'hui français jusqu'à la création de Facebook en 2004. Le livre convoque personnages historiques et contemporains pour mieux jouer avec nos références, celles qui subsistent de nos apprentissages scolaires, et les codes de ce fameux réseau social. Homo Sapiens vient de liker le mur de Lascaux. Valérie Damidot trouve que ça manque de rayures. Et vous ?

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