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Des usagers aveugles privés de lecture numérique en bibliothèque

Clément Solym - 09.05.2012

Lecture numérique - Législation - déficients visuels - Nook de Barnes & Noble - Free Library of Philadelphia


La Free Library of Philadelphia propose le prêt du Nook Simple Touch à ses usagers au moins quinquagénaires désireux de s'essayer à la lecture numérique. Cependant, la machine choisie prive les usagers aveugles de ce programme, puisque le Nook Simple Touch n'est pas accessible aux déficients visuels.


Interpellés par cette discrimination technologique, probablement involontaire, quatre usagers aveugles de la Free Library of Philadelphia ont déposé une plainte contre l'établissement auprès de la Cour Fédérale de Pennsylvanie. En effet, en ne disposant pas de terminaux accessibles aux aveugles, la bibliothèque contrevient à l'article 504 du Rehabilitation Act (1973), mais aussi à l'article 2 de l'Americans with Disabilities Act. 

 

 

La bibliothèque est pourtant dotée d'une branche spécifique pour les aveugles et les handicapés, dont le budget interne a été considérablement réduit cette année par l'État de Pennsylvanie. « Nous nous soucions réellement de nos usagers aveugles » a simplement souligné Sandy Horrocks, porte-parole de la bibliothèque, qui n'a pas été plus diserte étant donné le procès qui se prépare.

 

Barnes & Noble a fait part de son investissement pour « augmenter l'accessibilité de [ses] produits et services », ajoutant que l'application Nook Study proposait des fonctions spécifiquement pensées « pour les lecteurs touchés par des déficiences cognitives, motrices ou d'expression. » 

 

L'avocate des plaignants, Sharon Krevor-Weisbaum, a expliqué qu'« En tant que service public, il est exclu de proposer des programmes inaccessibles aux personnes déficientes. Il est exclu de se doter de solutions inaccessibles pour certains quand il y a d'autres options. Et il y a d'autres options. » D'ailleurs, depuis 2009, la Fédération Nationale des Aveugles (NFB) et la Coalition pour les droits à la lecture rappellaient régulièrement à la bibliothèque que ces lecteurs devaient être accessibles à tous, en attendant les gants de lecture. (voir notre actualitté)

 

L'établissement a fermé les yeux sur ces obligations, probablement dans le but d'économiser (les iPad, accessibles aux déficients visuels, sont bien plus coûteux), mais ce procès pourrait leur coûter bien plus cher...