Dix propositions de Jacques Attali autour de la loi Hadopi

Clément Solym - 29.04.2009

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Jacques Attali, penseur aux talents multiples, déjà appelé par le pouvoir en place à réfléchir sur les moyens de relancer la croissance en France, vient de mettre en ligne Dix propositions pour la musique, le cinéma, le livre, et autres activités artistiques.....

Encore une fois, on retrouve le regard d’un homme instruit, au fait des lois qui régissent les échanges au sein d’une société. Face à tous ceux qui s’ingénient à mettre en cause les méfaits du progrès, Jacques Attali s’attache à développer une réflexion afin d’en tirer le meilleur parti.

Comme le dit l’auteur de ce texte, il s’agit là de propositions dont il serait fort utile de débattre. Ce ne sont en aucun cas des assertions visant à clore les discussions.

1. Si un service est gratuit pour le consommateur final, cela ne veut pas forcément dire que le fournisseur dudit service ne perçoit pas une rémunération pour son travail…

2. On ne peut assimiler le téléchargement gratuit à de la piraterie. Une fois qu’un contenu a été téléchargé, il reste toujours accessible pour autrui. Seule une copie a été réalisée…

3. La gratuité du téléchargement permet de développer les marchés liés aux œuvres copiées. Ceux qui téléchargent sont aussi les premiers à acheter CD, DVD, à se rendre sur les concerts ou dans les salles de cinéma.

4. Les principes de mise en place de la loi Hadopi sont déjà obsolètes technologiquement parlant. Le visionnage en streaming n’est nullement pris en compte alors qu’il a un très bel avenir.

5. L’information qui peut intéresser les artistes est le nombre de téléchargements concernant leurs œuvres, non l’identité de ceux qui téléchargent.

6. Le rôle du fournisseur d’accès à Internet doit être revu. Finalement, dans la chaîne, il occupe la même place que la télévision ou la radio : il profite du téléchargement sans payer des droits à la mesure de ses profits…

7. Les majors ne croient pas en Hadopi et se sont déjà lancées dans la mise en place de la licence globale. Grâce à un abonnement spécifique sur Internet, le consommateur final aura droit à un bouquet d’œuvres en libre accès.

8. Les artistes doivent reprendre la place qui leur appartient dans le cadre de la mise en place d’une licence globale.

9. Etre enregistré quand on est en concert n’est en rien préjudiciable pour l’artiste.

10. Les technologies nouvelles sont autant de portes ouvertes vers de formes artistiques novatrices et de nouvelles possibilités d’être rémunéré.


Vous retrouverez l’ensemble des dix propositions faites par Jacques Attali sur son blog que je vous invite à consulter.