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Données personnelles : échanger, certes, mais contrôler surtout

Clément Solym - 25.02.2013

Lecture numérique - Usages - données personnelles - internet - maîtriser


Le Forum d'Avignon vient de diffuser une lettre réunissant 32 personnalités, artistes, économistes, intellectuels, mais également dirigeant(e)s, autour d'une thématique moderne : les données personnelles. Alors qu'internet n'a pas encore célébré ses 20 ans, toutes ces personnalités s'inquiètent de l'évolution commerciale : les données personnelles sont devenues un enjeu majeur.

 

 

Big Data

BBVAtech, (CC BY 2.0)

 

 

Parmi les signataires, il est important de noter quelques noms que l'on connaît bien Flore Vasseur, écrivain et fondatrice de trendspotting, Natacha Wolinski, journaliste et écrivain, Patrick Zelnik, Président de Naïve, Antoine Gallimard, Président des Editions Gallimard ou encore David Lacombled, Président de La Villa Numéris et Olivier Poivre d'Arvor, Directeur de France Culture.

 

Et d'en tous appeler à une sécurisation nécessaire et primordiale, pour garantir les droits de l'internaute : les données personnelles représentent la valeur numérique que l'internaute peut avoir, certes, mais elles sont autant d'éléments détaillants l'être humain qui est derrière la souris. « À une vision anxiogène de ce Nouveau Monde, opposons une réflexion sur les potentialités et les valeurs de cette identité numérique. »

 

Surtout que la multiplication des réseaux sociaux sont autant de solutions techniques qui s'appuient sur des données personnelles : un Facebook peut savoir tout, dans les moindres détails, de notre existence. Mais contre tout ce que les internautes donnent à la société de Mark Zuckerberg, que veulent-ils en échange ? Que peuvent-ils attendre, exiger ? C'est que, pour demander, il faut être en mesure de maîtriser. 

 

Que le gouvernement français et le Parlement européen se saisissent de la question de leur sécurisation est une bonne chose. À travers le monde, les projets font florès concernant 'l'Habeas Corpus numérique', les réponses tout aussi différentes, parfois innovantes. Un impératif : la garantie que nos données soient sécurisées, voire anonymisées, sans oublier … le droit à l'oubli.  

 

Le magazine Forbes avait réalisé une petite analyse, permettant de se faire une idée : commercialement, les goûts en matière de livre ou de musique, d'un internet, pèsent 3 cents. Cependant, si l'on multiplie cette somme par le nombre d'internautes, cela représente 26 milliards $ de revenus publicitaires générés durant l'année 2010. Soit plusieurs années déjà, en temps internet.

 

Scinder la communauté de ceux qui stockent et croisent nos données de celle qui les procure est obsolète. Chacun, en naviguant sur Internet ou en échangeant, participe de fait à la collecte et bénéficie gratuitement de services rapides et faciles à utiliser. Le contrôle de nos données doit pouvoir nous rendre à nouveau maîtres de cet échange. En se déclarant tout simplement « objecteur de conscience » et en exigeant une garantie de sa vie privée. Ou en choisissant de les échanger contre une rémunération, un service ou un emploi, grâce à une volonté politique forte sur l'usage des données publiques.

 

Il est donc important de ne toutefois pas se tromper de débat, ni d'attaquer les mauvaises cibles. Les Big Datas, ou l'or noir que le XXIe siècle compte exploiter et rentabiliser dans ses moindres détails, les données personnelles sont en permanence en question dans les affaires impliquant les grandes sociétés américaines. Avec régulièrement - et surtout actuellement - Google en ligne de mire.

 

Voir l'appel des 32, au Forum d'Avignon

 

Ont apporté leur soutien à cet appel :

Philippe Aghion, économiste, Nabil Ayouch, réalisateur, Paul Andreu, architecte, Philippe Augier, maire de Deauville, Patricia Barbizet, Directeur général d'Artémis, Vice-Président du conseil d'administration de PPR, Président de Christies, Elie Barnavi, historien, Laurent Bayle, Directeur de la cité de la Musique, Christian de Boissieu, économiste, Professeur à Paris I, Belinda Canone, écrivain et professeur des universités, Renaud Capuçon, violoniste,  Caroline Champion, exploratrice de saveurs, Jérôme Clément, Président du Théâtre du Châtelet, Elie Cohen, économiste, Jean-Philippe Domecq, écrivain, critique d'art, Cynthia Fleury, philosophe, Antoine Gallimard, Président des Editions Gallimard, Axel Ganz, membre du Board de Bertelsmann, Greg Germain, Président du Festival Avignon OFF, acteur, JUL, cartoonist, Hector Obalk, critique et historien d'art, David Lacombled, Président de La Villa Numéris, Pierre Lescure, journaliste, Philippe Le Guay, réalisateur, Véronique Morali, Présidente de Fimalac Développement, créatrice du site web Terrafemina, présidente du Women's Forum, Olivier Poivre d'Arvor, Directeur de France Culture, Fabienne Servan-Schreiber, productrice, Alain Sussfeld, Directeur général d'UGC, David Throsby, Professeur, Université de Macquarie (Australie), Sandra Travers de Faultrier, Avocate, Maître de conférence à Sciences-Po Paris, Flore Vasseur, écrivain et fondatrice de trendspotting, Natacha Wolinski, journaliste et écrivain, Régis Wargnier, réalisateur, Patrick Zelnik, Président de Naïve