DRM, droits d'auteur, ventes : L'édition UK scrute l'ebook avec attention

Clément Solym - 10.11.2014

Lecture numérique - Usages - éditeurs ebooks usages - vente stabilisation - numérique auteurs droits


Fin octobre, l'étude The Bookseller's 2014 Digital Census indiquait que seule une personne sur sept, dans l'industrie britannique du livre, se sentait prête pour la prochaine étape de la mutation numérique. Les modèles de commercialisation par abonnement sont au cœur des nouvelles réflexions, alors que 90 % des éditeurs interrogés vendent aujourd'hui des livres numériques. Les questions ne manquent donc pas. 

 

 

E-Readers

Cloned Milkmen, CC BY SA 2.0 

 

 

Aujourd'hui, les maisons considèrent que les parts de marché du numérique vont continuer à croître, mais à un rythme qui se ralentira. Or, parmi les préoccupations premières, les éditeurs redoutent que la territorialité s'effondre, et font état d'inquiétudes sur la question des DRM, autant que des revenus liés au numérique. 

 

La nouvelle enquête réalisée auprès de 1100 personnes, entre septembre et octobre, montre que 58,5 % des sondés pensent que l'ebook pèsera pour 10 % de leur CA d'ici 2015. Plus des trois quarts estiment que cela n'arrivera qu'en 2020. 

 

Or, si les années passées, la tendance diminuait, elle est encore plus basse en 2014, concernant la croissance des ventes. De fait, les éditeurs, qui redoutaient le numérique, tout en appréciant ce nouveau et humble revenu, se montrent moins optimistes sur l'avenir. Et surtout, plusieurs questions agitent les maisons.

 

La territorialité, par exemple, qui accorde à une structure les droits de vente sur d'autres territoires, est au cœur des interrogations pour plus de 75 % d'entre eux. Si la mort des droits territoriaux n'interviendra pas dans les prochaines semaines, à terme, l'ebook mettra fin à l'actuelle situation. 

 

Sur les obstacles aux ventes de livres numériques, les éditeurs citent le fait que les clients souhaitent du contenu gratuit, mais également des choses à découvrir (37,6 % et 36,7 % respectivement). Mais ils déplorent surtout la pauvreté du marketing, et le manque d'engagement sur les plateformes. Pour près d'un quart d'entre eux, ils considèrent que les consommateurs ne sont en grande partie pas disposés à basculer vers la lecture numérique. 

 

Or, si les ventes commencent à se stabiliser, c'est que l'engouement premier prend fin, et que l'on assiste non à croissance réduite, plutôt qu'à un ralentissement. En somme, le marché s'est structuré, monopolisé par Amazon outre-Manche, et désormais conforte ses acquis. Pas d'inquiétude manifeste de ce côté, simplement, il ne faut plus s'attendre aux années de croissance à trois chiffres passées. 

 

« C'est simplement que le marché sature – ceux qui se sont convertis au livre numérique l'ont fait voilà plusieurs années, et maintenant, le taux de nouveaux adoptants est équivalent à celui de ceux qui quittent le numérique », constate-t-on.

 

Concernant les droits d'auteurs, et les revenus liés aux ventes digitales, près de la moitié des éditeurs considèrent qu'ils devraient être identiques à ceux versés pour le papier – contre un peu plus du tiers qui les imagine plus élevés. Et 12,2 % pour qui ils devraient être inférieurs. Aucun consensus, pas plus que sur la question des DRM : près de 20 % disent les avoir déjà supprimés, et un tiers envisage de le faire. Pour le reste, pas question d'y toucher...

 

(via The Bookseller)