DRM : le consommateur veut posséder ce qu'il télécharge, pas le louer

Clément Solym - 14.09.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - acheter - ebook - drm


C'est clair, c'est net : les consommateurs ne veulent plus être pris pour des pigeons. Finies les roucoulades des éditeurs, maintenant, tout contenu téléchargé doit appartenir à celui qui l'achète. Point barre.

Et sans étonnement, c'est du côté du monde du jeu vidéo que viennent les informations et les innovations. L'éditeur de guide pur jeux KillerGuides a annoncé qu'il bousculait l'industrie de l'édition numérique en proposant une gestion sociale des droits numériques, ou DRM. Une alternative fantastique aux traditionnelles mesures techniques de protection contre la copie.

DRM social, la preuve par la confiance

Désormais, toute personne qui achètera l'un des guides de l'éditeur verra ses données personnelles ajoutées à la volée au fichier, mais sans aucun autre type de restriction. Habituellement, on disposait d'un DRM qui limitait le nombre d'appareils sur lesquels lire le fichier - Serge Eyrolles, président du SNE avait même en son temps déclaré que 6 postes, c'était bien et suffisant. Pleurer n'était pas assez.

Le DRM social, ou watermarking pose tout de même des problèmes, puisqu'il ne limite pas les possibilités de diffusion d'un ebook. En revanche, on peut remonter à la source de la personne qui a acheté le document et dès lors, lui demander des comptes, si l'ebook se retrouve sur les sites de partages illégaux. Cependant, si le compte de l'utilisateur venait à être piraté, il serait alors tenu pour responsable de ce qui se passe - un peu comme avec Hadopi, il faut prouver que l'on a sécuriser sa ligne internet...

Protéger sans nuire : l'adage idéal

Mais de la sorte, l'éditeur peut protéger son fonds numérique sans pour autant se mettre les consommateurs à dos. Lucio Pereira, chef de produit chez KillerGuides, annonce la couleur : « Quand vous voyez iTunes d'Apple et Amazon offrir des téléchargements sans DRM, c'est un signe clair que les consommateurs veulent posséder, et non emprunter, le contenu acheté par téléchargement. »

Et d'ajouter : « Si vous utilisez toujours des DRM, en tant qu'éditeur, vous ne faites rien d'autre que de punir vos clients réels pour épargner quelques coûts de production et de distribution. » Forcément une solution qui sur le long terme ne sera pas payante.

En outre, KillerGuide voit un intérêt tout particulier à ce que ses guides soient estampillés d'un marquage personnalisé, puisque les lecteurs peuvent dès lors consulter leur ebook depuis n'importe quel type d'appareil. Et par extension, il devient sans aucun problème possible d'ajouter ces guides directement dans les jeux vendus, et de les rendre accessibles d'un seul clic...

La révolution est en marche. Bien fol qui déciderait de ne pas l'accompagner...