DRM, watermarking : gare à la paranoïa libertaire

Clément Solym - 08.01.2013

Lecture numérique - Usages - watermark - livres numériques - protection des fichiers


Voilà quelques jours, un message publié dans le forum de Undernews a mis les esprits en ébullition. Et introduit une sévère incompréhension chez les internautes, qui se sont empressés de crier au scandale. Faisant référence à un billet publié sur le forum de LinuxFR.org, en juillet 2012, Undernews reprenait l'information, en amalgamant hâtivement les problèmes. À tort ? Pas tout à fait, mais le tort tue...

 

 

 

 

Le message sur LinuxFR faisait référence à une demande de remboursement qu'un client des éditions ENI avait formulée. Cette demande ne pouvait aboutir, du fait de la consultation avérée du livre, et qui entrait en conflit avec l'article 8 des conditions générales de vente de la société. Cet éditeur, spécialisé dans les publications de manuels d'informatique proposait en contrepartie « un échange contre la version papier + version numérique offerte. Dans ce cas-là, nous vous rembourserons la version numérique précédemment payée ». Honnête.

 

Sauf qu'une information était particulièrement remarquée par Undernews :

 

Votre livre a été consulté à 2 reprises pour une durée de 21h43.

 

L'administrateur saute sur cet élément, et va un peu vite en besogne 

 

Voilà un autre cas de mépris de la vie privée de l'utilisateur (et du client !) qui n'est pas affiché sur tous les toits par les éditeurs de livres numériques, les ebooks. En effet, ces derniers sont fortement protégés, via la mise en place de DRM. Les livres numériques sont vendus chers (voir plus que les versions papier standard, ce qui est honteux), et on apprend maintenant que c'est un outil d'espionnage !

 

DRM ? Hmm... pas vraiment...

 

Hâtif dans ses conclusions, l'administrateur oublie qu'en réalité, les éditions ENI proposent la consultation de leurs ouvrages en streaming... À ce titre, il n'est absolument pas question de DRM qui surveillerait qui que ce soit, ni quoi que ce soit.

 

En réalité, nous explique l'éditeur, « les livres numériques sont proposés en HTML : il s'agit d'une page internet, à laquelle on peut accéder avec son login et son mot de passe. Les statistiques de lectures auxquelles il est fait référence dans notre courrier n'ont rien de commun avec des DRM : ce sont des informations que peuvent fournir des outils comme Google analytics ou Xiti, tout simplement ». 

 

De fait, les ouvrages de ENI disposent, en matière de protection, d'un watermarking, en tout et pour tout. « Nous rencontrions un réel problème de piratage, et nous retrouvions nos ouvrages sur des forums, jusqu'au moment où nous avons ajouté un tag sur les livres. Le piratage s'est arrêté net dès lors. »

 

Alors, les inquiétudes de Undernews, illégitimes ?

 

Il faudrait relire avec attention un billet publié par Julien Simon, cofondateur du Studio Walrus, éditeur numérique. Ce dernier s'était penché sur la question du watermark, le considérant comme « un DRM psychologique. Plutôt que de contraindre par la force, plutôt que de persuader par la raison, il emploie une technique d'auto-répression douce et violente à la fois: la peur ».

 

Je n'aime pas les DRM. J'ai déjà perdu trop de temps à essayer de faire fonctionner un livre que j'avais honnêtement acheté pour les porter dans mon coeur. Les livres chez Walrus sont certifiés sans DRM, et à chaque fois que nous proposons des missions d'accompagnement de projet numérique à nos clients éditeurs, nous militons en faveur du NO DRM AT ALL. 

En utilisant ce filigrane numérique, on voudrait croire qu'il s'agit d'un moindre mal: en effet, il dissuade l'utilisateur malhonnête de partager le fichier tout en incapacitant en rien le lecteur honnête.

Pour autant, lorsque je lis un livre watermarké, j'éprouve un sentiment de malaise. 

 

Peut-on donner tort, qui plus est à un éditeur, lorsque ce dernier prône une politique de Zéro DRM, pas même la présence d'un watermarking ? C'est tout à la fois difficile, et pourtant... « Je parlerais plutôt de responsabilisation, lorsque l'on marque un fichier », précise Antoine Gilles, responsable e-commerce chez ENI.

 

De deux maux, le moindre

 

Faut-il considérer alors que le watermark, en ce qu'il est plus léger, et responsabilisant - probablement pas si effrayant que cela, Julien... - est un moindre mal. Effectivement parler de confiance dans l'économie numérique, cela prête à sourire, mais on ne peut pas ignorer les arguments : même un marquage implique que l'éditeur ne fait pas confiance complètement.

 

Peut-être faut-il accepter de considérer que l'univers numérique est encore tout jeune, presque dans ses premiers âges, et qu'à ce titre, on peut se comporter comme avec un enfant : tenter de le responsabiliser, dans les premiers temps, pour lui apprendre à adopter des comportements sains...

 

Cependant, on trouvera du côté de BDZMag un intéressant témoignage : la généralisation du webrip « des webrip, captures d'écrans à partir de sites commerciaux de BD, comme iznéo et tous ceux qui ont opté pour la lecture en ligne ». 

 

Du côté des offres légales, aucune réaction ; pourtant, une solution simple existe : celle des DRM sociaux. .../... L'offre légale est sensée fournir une alternative au piratage, pas en être un fournisseur !
Cette pratique détermine un tournant dans le monde du scan de passionnés. Nous sommes passés à un monde de pilleurs, toujours à la recherche de la nouveauté.
C'est atterrant.

  

On laissera à chacun le soin de se poser la question...

 




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