Droits numériques : on approche des 50 % reversés, sous conditions

Clément Solym - 30.08.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - auteurs - gagner - argent


Le jeu de dupes entre Random House et Odyssey Editions, la maison créée par l'agence Wylie, pour vendre en exclusivité des ebooks à Amazon, s'est achevé par un accord conciliant. Chacune des parties avait à coeur d'assurer qu'elle s'en était bien sortie. Mais évidemment, on cherchait le vainqueur et le vaincu...

Reste que si l'éditeur a repris les droits sur quelques-uns des 20 ouvrages, où l'agence a concédé, il semblerait que les vrais gagnants, ce soient les auteurs, rapporte Publishers Weekly.

En effet, au terme de son conflit, il faut comprendre que l'enjeu était de faire monter les droits reversés aux romanciers sur les livres numériques. Trop faibles jusqu'à lors, ils avaient poussé Andrew Wylie à fomenter un putsch dont on connaît l'ampleur. Mais certaines sources assurent que désormais, Random House aurait monté les droits perçus, lesquels plafonneraient désormais à 40 %.

Mais évidemment, la révision ne va pas de soi : les auteurs perçoivent les 25 % contractuellement prévus, et en fonction des ventes, peuvent alors basculer vers un 40 %. Et encore, il s'agit des titres dont les contrats ont été signés avant 1994. Pour les parutions et contrats récents... bernique.

Normal, en même temps : les auteurs dont les ebooks étaient proposés par Odyssey faisaient partie des mammouths de l'édition, Roth, Rushdie, Updike, pour ne citer qu'eux. Autant de noms qui claquent et impressionnent. Les nouveaux écrivains vont devoir se faire la plume pour y arriver. Or, l'interprétation qui vient spontanément à l'esprit et que certains ont, est de dire que toute cette manigance n'a été orchestrée qu'à la seule fin de voir augmenter l'argent perçu.

De fait, chez Odyssey, les auteurs perçoivent, semble-t-il, trois fois le montant qui est versé chez Random House... soit 75 % du prix de vente du livre. Cependant, si la hausse reste intéressante, elle n'est d'une part pas généralisée et surtout soumise à des conditions assez tristes. Tout pousse à croire que les négociations ne s'arrêteront pas là.

De toute manière, bien que d'autres agents estiment que 40 % soit plus juste que 25 %, tous s'accordent à dire que ce n'est pas encore assez. 50 % paraît être une bonne voie...


Illustration, Le PiXX