Dropbox achète Readmill : vers un outil de lecture streaming ?

Clément Solym - 31.03.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - lecture numérique - Readmill - Dropbox


La semaine passée, Dropbox, service de stockage en ligne, a racheté Readmill, application de lecture dont on ne pouvait que saluer la simplicité et la lisibilité. Mais le service va s'arrêter, et d'ores et déjà, il n'est plus possible de créer de compte. La fermeture définitive est prévue pour le 1er juillet, et on encourage déjà les utilisateurs à exporter leurs bibliothèques - sous peine de tout perdre à cette date.

 

 

 

 

Stockage en ligne et lecture numérique, la combinaison semble idéale, d'autant que la mode est actuellement aux services de lecture en streaming. L'application (iOS et Android) permettait en effet de lire PDF et fichiers EPUB, sans DRM, avec surlignage, annotations, commentaires et partages d'extraits, bien entendu. 

 

Readmill aurait coûté 8 millions $ à Dropbox, selon certaines sources qu'évoque TechCrunch, après avoir ouvert ses portes fin 2011, et levé près de 300.000 $ auprès de Passion Capital et Index Ventures, deux fonds d'investissements britanniques et américains. Pas vraiment problématique pour Dropbox, qui avait engrangé 325 millions $ après une nouvelle levée de fonds, et dont la valorisation est aujourd'hui de 10 milliards $.

 

Lecture, avant tout, et nouveaux usages

 

Readmill avait bien rodé son numéro : les exports de statistiques étaient disponibles pour renvoyer directement vers des services de lecture sociale comme GoodReads. Et très clairement, on ne peut que penser à un double développement pour Dropbox : l'interface de lecture proposée par Readmill était qualitativement remarquable. Impossible de ne pas imaginer que Dropbox s'en servira pour améliorer ses propres outils de lecture, après stockage de fichiers.

 

Dans le même temps, la veine du streaming semble tout naturellement indiquée : le système de synchronisation de fichiers proposé par Dropbox n'est plus à démontrer. D'ici à voir une bibliothèque s'ouvrir, avec une offre d'abonnement couplant le stockage et l'accès à des ebooks, il n'y a probablement qu'un pas. Un petit pas…

 

Surtout que de nombreux accords ont été passés entre Readmill et les éditeurs américains. Penguin avait contracté avec la société d'origine allemande, pour développer la lecture numérique - et la commercialisation d'ouvrages au travers de la librairie déjà en place. 

 

Ajoutons, que de l'autre côté, PocketBook, ainsi que d'autres acteurs numériques, ont déjà signé avec Dropbox des accords de partenariats, de même que pour les fournisseurs de contenus numériques, le projet Gutenberg

 

Durant les trois prochains mois, assure Readmill, les usagers sont invités à poser toutes les questions qu'ils souhaitent pour assurer la meilleure transition de leurs documents. « Des millions de personnes utilisent Dropbox pour stocker et partager leur vie numérique, et nous pensons que c'est une base solide sur laquelle construire l'avenir de la lecture », précise Readmill. L'épilogue est écrit, il ne reste donc plus qu'à ouvrir une nouvelle page…

 

Surveillance renforcée ? On fait le job

 

Dans le même temps, on apprend que Dropbox continue de faire le ménage dans les dossiers des utilisateurs qui contiennent des fichiers soumis au copyright, sans avoir réellement le droit de se retrouver stockés dans les services de Dropbox. Le fait est qu'il ne s'agti pas d'une suppression de fichiers, comme on avait pu le découvrir chez Amazon, avec l'affaire du livre 1984, mais simplement une interdiction d'accéder audit fichier.   

 

 

 

La société revendique en effet un outil de surveillance, qui s'appuie sur la signature du fichier, permet de bloquer des documents sous droit - potentiellement piratés. Et jure ses grands dieux qu'il ne consulte pas les fichiers des utilisateurs, mais simplement la signature numérique. Le tout pour se conformer au Digital Millenium Corpyright Act, qui fixe les règles du partage. 

 

Le principe du hasch, expliqué par Numerama, est qu'un algorithme vérifie à partir d'une base de donnée les métadonnées contenues dans le fichier, et décide ensuite s'il est possible de partage ou non. Dans le cas où le document figure dans la liste interdite, alors Dropbox prend sur lui d'en limiter l'accès.