Du porno à tout crin dans les Nook et les Kindle

Clément Solym - 28.02.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - Porno - Kindle - Barnes & Nobles


Depuis le développement des sites d'édition en ligne, les boutiques en ligne du Nook et du Kindle pullulent d'ouvrages, numériques certes, mais porno, surtout. Le porno, c'est une littérature vieille comme le monde, diraient certains, et personne ici n'essaie de bannir ces seins que l'on ne saurait voir ou de faire son signe de croix avant d'allumer son lecteur, non non.

 

Le seul petit problème est qu'Amazon comme Barnes & Nobles ne classent pas leurs étagères numériques par lubriqu.. euh, rubriques, et que les titres proposés sont soient vicieusement trompeurs, soient noyés parmi des ouvrages impudiquement érotiques. 

 

 

 

Ainsi sur les boutiques en ligne, n'importe qui peut se retrouver à lire  XXX men au lieu d'un roman d'Eric Shanower sur le pays d'Oz, ou parcourir la boutique du Nook et trouver La dernière Licorne à côté de In the Forest, un ebook sur le phantasme du viol, un contraste pour le moins… frappant, comme témoigne Sascha Segan de PC mag.

 

Il précise que le problème est moins frappant chez le Kindle Fire d'Amazon, bien que le premier « comic » dans sa section Comics et BD de lundi dernier fut un roman graphique, Chili Peppers, assez osé.

 

Le problème n'est pas le porno

 

Barnes & Nobles a expliqué à PC mag que les auteurs autoédités peuvent publier leurs ouvrages dans n'importe quelle section, grâce au PubIt ! où auteurs, éditeurs, particuliers et professionnels peuvent poster leurs livres sous format numérique uniquement et les mettre en vente.

 

Certes, mais cela n'empêche pas la maison de classer les ouvrages numériques proposés correctement, sans que cela devienne une guerre libidineuse déclarée au porno :

 

« Je ne demande pas à ce que le porno soit retiré des librairies en ligne, mais simplement que ça n'apparaisse pas par surprise, mélangé avec le non-porno », explique Sascha Segan, qui ajoute qu'organiser un classement des ouvrages serait tout à fait dans les moyens de la librairie et puis bon, on ne sait jamais si le Nook ne risque pas de tomber dans les mains de lecteurs innocents…

 

 

 

« Les éditeurs comptent »

 

Pour ces raisons, le journaliste se range du côté des éditeurs, d'intermédiaires pour offrir une sélection des meilleurs ouvrages : « Les éditeurs comptent » explique-t-il, « les lecteurs et les consommateurs ne veulent pas avoir à se noyer dans des poubelles géantes de contenus de mauvaise qualité pour trouver ce qu'ils veulent. Ils apprécieront davantage le fait qu'une sélection du meilleur, ou de l'assez bien, ait été faite au préalable. »

 

Et il ne s'agit pas que du porno. Selon lui, si l'auto-édition a permis à certains auteurs talentueux de se faire connaître, elle rend aussi plus difficiles la découverte et la lecture d'œuvres de qualité, si l'on considère passer et perdre trop de temps à en lire de mauvais.