Ebook : À quand l'application iBooks d'Apple, sur les appareils Android ?

Nicolas Gary - 24.12.2014

Lecture numérique - Applications - application ebooks lecture - Android Apple appareils - interopérabilité Europe


Et si pour Noël, dans la liste de cadeaux commandés au Père du même nom, il y avait l'interopérabilité des plateformes ? Douce utopie, certes, mais qui suscite la réflexion au niveau européen depuis quelque temps, et mérite qu'on s'y attache. Les dernières données livrées sur le marché numérique devraient inciter Apple à s'y pencher, au moins un peu.

 

 

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Nerds On Call, CC BY 2.0

 

 

Aux États-Unis, 43 % des possesseurs d'un smartphone, contre 44 % au Royaume-Uni, lisent des livres sur leur appareil. C'est loin d'être la principale activité, mais elle mérite d'être prise en compte. Chez les seconds, l'iPhone est bien l'appareil majoritaire, mais les déclinaisons de machines sous Android ne comptent pas pour de la roupie de sansonnet. 

 

C'est à partir de 2003 que iTunes fut mis à disposition pour les ordinateurs Windows, alors que le logiciel était proposé sous Mac OS 9 dès 2001. Autrement dit, une latence de deux années, presque négligeable. Pour ce qui est de l'application iBooks, elle reste le support exclusif de l'iPad, l'iPhone et éventuellement l'iPod Touch, depuis qu'elle a été présentée au public, lors du lancement de la tablette. 

 

Pleinement intégrée l'an passé au système d'exploitation d'Apple en 2013, iBooks reste, depuis 2010, une exclusivité de la firme à la Pomme, et de ses appareils. Pourtant, l'industrie de l'édition ne peut pas ignorer certains chiffres. Au Royaume-Uni, 50 % des utilisateurs passent par un Kindle, contre 31 % par iBooks. 

 

Dernièrement, on apprenait d'une autre étude Nielsen que 57 % des consommateurs achètent leurs ebooks sur Amazon, ce qui diminuerait amplement l'écart que l'on soupçonnait entre la firme de Seattle et ses concurrents.

 

Si 23 % des utilisateurs ont utilisé leur Kindle pour télécharger leurs ebooks au cours des neuf premiers mois, c'est avec le Kindle Fire que 21 % d'entre eux ont réalisé leurs achats. L'iPad sert à 18 % des consommateurs, contre 4 % pour l'iPhone. Enfin, le Nook dispose de 9 % de parts de marché. 

 

Simuler l'interopérabilité, argument commercial

 

Pourquoi Apple continue-t-il de refuser la création d'une application qui puisse tourner sous Android, voire sous Windows Phone ? La réponse corporate qui viendrait à l'esprit en premier lieu est de considérer que l'exigence d'Apple à fonctionner sur des machines aux caractéristiques matérielles spécifiques est un frein à ce développement. D'autant plus qu'Apple a toujours vanté les mérites de son écosystème, pour justifier toute sa stratégie.

 

Mais il ne faut pas être aveugle : iOS n'est plus ce qu'il a pu être – un OS innovant et ultra efficace – et les quelques plantages que l'on peut constater sur Android ne sont finalement rien en comparaison de l'ensemble des possibilités offertes. L'iPhone 6 Plus actuellement à la rédaction nous démontre que la machine est certes convaincante, mais ne casse pas des briques non plus. L'utilisation prolongée de iBooks pour les lectures est certes plus confortable du fait de l'écran agrandi, mais enfin...

 

La force d'Amazon a été de savoir décliner son service Kindle en une multitude d'applications pour les différents systèmes d'exploitation, autant que pour les navigateurs. Et par cette omniprésence, non seulement la société parvient à faire croire à une interopérabilité entre les supports, mais surtout, elle peut se ramifier sur tout type de machine. Pas vraiment la politique jusqu'alors constatée chez Apple. 

 

iBooks comme une exclusivité de la firme est un atout pour vendre du matériel, mais un échec pour lutter contre Amazon. Et personne ne fera croire qu'il n'existe pas de développeurs à Cupertino, le siège social de la boîte, qui ne maîtrisent pas un tant soit peu Android, Windows 8, 9 ou 10. L'autre argument entendu serait alors celui que les vendeurs d'ebooks ont rétorqué, pour justifier que l'on ne puisse plus acheter d'ebooks sur leurs applications : les opérateurs des systèmes d'exploitation ponctionnent une commission sur les ventes.

 

D'ailleurs, Apple fut la première à décider de prendre 30 % de commission sur ces ventes, réalisées au sein des applications. Amazon avait alors riposté en proposant une application synchronisant ses lectures et ses ouvrages d'un appareil à l'autre. Mais plus question de vendre, et moins encore de donner de l'argent à Apple. La question de l'exclusivité iOS reste alors posée : n'existe-t-il pas de clients avec une tablette Android et un smartphone Apple ? Ou l'inverse ? 

 

Rendez-vous en 2015. Ou pas. Probablement pas, en fait.