Ebook : Apple accuse le DoJ de préfèrer le monopole à la compétition

Clément Solym - 26.05.2012

Lecture numérique - Législation - Apple - ministère de la Justice - entente


Apple a décidé que le ministère de la Justice américain se trompait dans cette affaire de collusion. Non, Apple n'a pas instauré une entente avec les éditeurs au détriment des consommateurs, non il n'y a pas eu de complot pour la fixation du prix des livres numériques, et non, Apple ne se laissera pas traîner dans la boue... Surtout pas un concurrent.

 

La firme de Cupertino avait en effet décoché plusieurs traits, faisant valoir que la plainte déposée contre elle était « infondée, en faits et en droit ». Entre temps, Ars Technica s'est emparé de la réponse officielle faite au DoJ. 

 

On n'y apprend pas grand-chose de plus, sinon que les avocats d'Apple sont de vrais teigneux, accusant ouvertement le DoJ de se ranger « du côté du monopole, plutôt que de celui de la compétition ». Et de fait : la plainte, qui clairement cherche à montrer que la situant d'avant était la meilleure, en ce qu'elle était plus favorable à Amazon, dénonce le contrat d'agence, qui tel quel, a fait effectivement augmenter le prix de vente des livres numériques, tout en permettant à tous les libraires, contraints de vendre les livres numériques au même prix, de pouvoir exister sur le marché. 

 

Monopoly

 

 

Une situation complètement opposée à celle que le marché du livre papier connaît outre-Atlantique, où la concurrence est acharnée, avec des tarifs tirés vers le plus bas possible par les plus grandes boutiques. Et le maître à ce jeu, c'est encore Amazon, qui comptait bien reproduire en toute impunité cette formule, en l'appliquant aux livres numériques. 

 

La réponse d'Apple est donc assez intéressante : le gouvernement américain considère donc que l'arrivée d'Apple en 2010 a provoqué une rupture de concurrence... « Idée qui ne tient pas compte d'un fait simple et incontournable : avant 2010, il n'y avait pas de concurrence réelle. Il n'y avait qu'Amazon. Au moment où Apple est entré sur le marché, Amazon vendait environ neuf livres sur dix, et son pouvoir sur les prix et la sélection des produits étaient presque absolus. »  

 

L'arrivée d'Apple aura eu pour conséquence de libérer un marché sclérosé, et qui plus est enfermé dans un environnement propriétaire. Autant de preuves de ce qui justifie d'un « marché dynamique et concurrentiel », désormais, assure la firme. 

 

Le coup de grâce est gracieux : « Sans l'arrivée d'Apple, la distribution d'ebooks aurait été laissée à un seul distributeur (Amazon) qui possède virtuellement un pouvoir alors quasi infini dans le domaine de l'ebook. Apple a offert à tous les éditeurs, grands et petits, des opportunités identique de se servir d'Apple comme un agent pour vendre des livres numériques, directement aux consommateurs, par le biais de l'iBookstore, à des conditions non discriminatoires. »

 

Magique, on en mangerait, de cette pomme-là, sacrément défendue.

 

Du côté fédéral, la situation n'a pas encore avancé, alors que la juge Denise Cote, en charge de juger l'action collective, refuse de considérer que les éditeurs avaient agi indépendamment en modifiant leur tarification des livres numériques. Et de dénoncer un complot monté entre les différentes parties, citant même Jobs à plusieurs reprises.

 

« En bref, Apple n'a pas essayé de gagner de l'argent avec les livres numériques en entrant en compétition avec d'autres revendeurs dans un marché ouvert ; au contraire, Apple a rempli son objectif par une entente avec les fournisseurs, plutôt que de pratiquer une concurrence indépendante. » (voir notre actualitté)

 

 

Apple Suit 1