Ebook : craintes, investissements, enthousiasme

Clément Solym - 16.01.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Faber and Faber - Amazon - Ebook


Les éditeurs britanniques semblent plutôt excités par les perspectives du livre numérique et ce, même s'il implique de lourds investissements. Plusieurs maisons d'édition indépendantes et leur directeur du pôle numérique ont exprimé ces idées à l'occasion de l'Independent Publishers Guild Digital Quarterly à Londres. Petit tour de table des idées des maisons d'édition et des nouveaux acteurs du livre.

 

Marché florissant, le livre numérique fait miroiter les maisons d'édition indépendantes britanniques. « J'ai la certitude absolue que nous n'avons pas encore atteint la perfection en termes de livre numérique » se réjouit Volans Henry, directeur de la branche du livre numérique pour la maison Faber and Faber. Ne pas évoluer ? Inconcevable. Faber and Faber a d'ailleurs déjà commandé la version iPad de The Waste Land, du poète et dramaturge T.S Eliot.

 

Dan Francklin, en charge de l'édition numérique chez Random House, partage son sentiment. « L'édition numérique (...) est une partie intégrante de ce que nous faisons. Même si, oui, pour le moment, c'est 10% du marché. Mais d'ici la fin de cette année, il devrait atteindre les 20 % ».

 

 

 

Et chez Random House, on mise tout sur un nouveau projet et le potentiel de la nouvelle. Dan Francklin a commandé une série de nouvelles faisant entre 10.000 et 15.000 mots. La commande s'inscrit dans un projet nommé Storycuts qui compte plus de 250 histoires courtes de différents auteurs. Random House voit en ce format, court, une opportunité.

 

 

Il prend pour exemple et modèle iTunes. Il s'agirait de vendre ces nouvelles, un peu comme la plateforme vend des singles. « Il faut voir ces histoires courtes comme une chanson pop électronique, le roman étant une symphonie ».

 

Le prix des ebooks et leur qualité : éternelles questions

 

Au-delà de ça, il y a la possibilité pour les éditeurs d'être beaucoup plus compétitifs face à la vague des livres numériques bon marché et la politique de prix cassés. « Tester le format court et le faire payer de façon appropriée et l'un des meilleurs moyens de contrer l'idée qu'un ebook coûte 99 pennies s'il fait 100.000 mots ».

 

Parfois bon marché et de mauvaise qualité, les ebooks sont sous le coup de nombreuses critiques. C'était le cas de Chris Stephens, auteur des illustrations d'Alice au Pays des merveilles, désespéré par la médiocrité de nombreux livres numériques (voir notre actualitté).

 

A chacun sa qualité, à chacun sa politique. L'éditeur londonien Nosy Crow qui publie à la fois la version papier d'un livre et une application destinés aux enfants a tranché. Tom Bonnick, directeur marketing, a fait le choix de payer le prix fort pour une application soignée. Investir autant ne lui fait pas peur, car il y a un retour très positif sur la qualité.

 

Les start-up souhaitent bousculer les codes

 

Plusieurs startups ont vu le jour pour faire émerger de nouvelles pratiques. C'est le cas de Bilbary qui permet à la fois la vente et la location d'un livre numérique (voir notre actualitté). Les éditeurs prennent 80% du prix de vente et peuvent se faire de la pub sur le site. Les lecteurs sont aussi au centre des attentions puisque ce portail a été créé pour qu'ils se retrouvent.

 

La société Majoobi, quant à elle, offre ses services aux maisons d'édition. Elle leur propose de créer leur webstore (HTML5) qui permet à leurs clients de consulter et acheter leurs livres. Son PDG, Ayman Mackouly, souhaite tout bonnement faire sauter les intermédiaires. « Si vous avez 50 livres vous pouvez avoir votre propre webstore. Vous n'avez pas besoin de compter sur Apple, ni sur Amazon », renchérit-t-il.

 

Le livre numérique n'est pas qu'un marché mais une opportunité si l'on s'attarde sur l'initiative de l'ONG Oxfam qui lutte contre la pauvreté. Oxfam a numérisé la plupart de ses publications, les a diffusés et a même lancé son premier ebook, gratuit, à télécharger sur Amazon et Apple. 10.000 livres numériques ont été téléchargés, une aubaine pour sensibiliser un tout nouveau public.

 

Preuve que l'ebook ne fait pas que cogiter que les maisons d'édition, preuve aussi qu'il existe un véritable enthousiasme du livre numérique.