Ebook : protection des formats EPUB et augmentation des prix

Clément Solym - 14.09.2012

Lecture numérique - Législation - epub - drm - IDPF


Quelle évolution pour les ebooks ? Nos comportements, face aux bas prix, semblent dessiner une frénésie d'achat voire de « collectionnite » au détriment de la lecture réelle des ouvrages acquis. A ce titre, TOC o'reilly s'interroge sur la pertinence des prix cassés des ebooks, alors que d'un autre côté, l'IDPF penche pour une protection des formats EPUB.

 

 

 

 

Lors d'une conférence sur le piratage des ebooks, une personne a signalé que celui-ci peut être évité lorsque le contenu est mis à disposition sous tous formats et surtout, à un prix « raisonnable », rapporte Joe Wikert (TOC O'Reilly). De s'interroger alors sur l'accessibilité de ces livres numériques et de nos comportements de lecture qui s'ensuivent.

 

De la consommation au détriment de la lecture

 

Car, rien n'est plus simple pour Joe Wikert : pour une proposition d'un ebook à 9,99 dollars, les lecteurs trouvent le prix trop élevé. « Peut-être sommes-nous trop centrés sur le phénomène des 99 centimes ? », remarque avec justesse Wikert. En même temps, une hausse des prix serait fortement discutable quand nous sommes confrontés à des versions numériques qui n'acceptent pas tous les formats et qu'on ne peut pas revendre, comme il est possible de le faire avec un livre papier. De plus, le « 9,99 dollars » est devenu une norme pour la plupart des consommateurs qui se verraient mal payer au-delà.

 

Pourtant, pour Wikert, la course au prix cassé n'est pas nécessairement la bonne solution. Lui-même s'est rendu compte qu'il devenait un « accapareur d'ebook ». « Les ebooks à bas prix m'ont amené à changer mon comportement », explique-t-il. « Quand un livre est à 9,99 dollars ou moins cher, je ne pense même pas à deux fois et je clique sur le bouton d'achat. Le résultat ? J'ai maintenant plus de livres numériques non lus sur mon Nook que je n'en ai jamais eu auparavant ». Et d'ajouter : « Le nombre va croissant. Chaque semaine. Je me dirige vers une situation où un jour j'aurai acheté des beaucoup plus d'ebooks que je pourrai en lire tout au long du reste de ma vie et je parie que je ne suis pas le seul ».

 

Tout est dit : les lecteurs achètent des contenus en masse, mais ne lisent qu'une infime partie d'entre eux. « Est-ce vraiment ce que nous voulons ? », interroge Wikert. Vaut-il mieux lire chaque ouvrage acheté ou consommer sans mesure en oubliant de lire ?

 

Et... que dire d'un DRM pour les ePubs ?

 

Dans le même domaine, la protection des fichiers va connaître une évolution, nous apprend l'IDPF (International digital publishing forum). Cet organisme a récemment proposé une enquête (afin « de prendre des décisions éclairées ») sur le format libre par excellence : l'ePub. La proposition se veut l'étude d'une protection légère sur le contenu. Pourtant, de notre côté, on se dit que le but d'une protection c'est d'être inviolable…

 

Lorsque l'IDPF lançait son enquête fin juillet, il tenait tout de même à souligner qu' « il n'y a, à ce jour, aucune décision ni engagement de l'IDPF à établir une solution dans ce domaine ». Et d'ajouter, pour les plus inquiets : « Néanmoins, l'IDPF reconnaît que les DRM sont une question de nature controversée et une source de divisions, et que toutes les décisions sur les recours seront prises après consultation avec nos membres ».

 

À ce jour, l'IDPF a reçu 8 réponses à sa récente demande « de proposition de solutions aux besoins potentiels d'une  protection pour ePub ». Ce sont des propositions concrètes qui ont été reçues de DRMinside, FileOpen Systems, Kobo, Marlin Developer Community, RHK, et Sony DADC. De plus, Barnes & Noble et Sony Digital Reading Business Division ont fourni des commentaires et ont manifesté leur intérêt potentiel, sans toutefois faire des propositions de solutions spécifiques.

 

Souhaitant, à cette phase de l'évaluation, obtenir des réponses supplémentaires, l'IDPF a repoussé la date limite des propositions jusqu'au 27 septembre.