Ebooks bannis: Amazon a du mal à faire passer la pilule

Clément Solym - 24.02.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - ebooks - IPG


Cette semaine, Amazon a littéralement banni de son catalogue en ligne plusieurs milliers d'ebooks d'éditeurs indépendants (voir notre actualitté). Le groupe IPG, implanté à Chicago, sur la base d'un désaccord au sujet de son contrat avec Amazon, s'est vu retirer ses titres ebooks de l'ebookstore.

 

Le président d'Independant Publishers Group Marc Suchomel estime qu' « Amazon.com met les éditeurs et les distributeurs sous pression dans le but qu'ils revoient les termes de leurs contrats pour les livres numériques et physiques, dans une perspective plus favorable à Amazon ».

 

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Au Royaume-Uni, Alessandro Gallenzi, directeur chez Alma Books, s'est dit « choqué par cette prise de pouvoir et ce monopole », et s'inquiète d'une situation similaire en Grande-Bretagne.


 

 

David Caron, éditeur chez ECW Press à Toronto, déclare : « C'est évidemment quelque chose qui nous concerne. Nous voulons aussi avoir des livres disponibles sur Amazon ». « C'est un motif de préoccupation et un avertissement pour qui désire vendre une édition digitale de ses textes : soit on accepte leurs conditions, soit on sort du jeu », affirme Andy Ross, ancien libraire et agent littéraire, dans un entretien au New York Times.

 

Par tablettes interposées

 

Des auteurs ont également réagi à cette décision. Ellie Robins a recueilli pour Melville House l'avis de l'auteur Jim Hanas. « J'aimerais avertir Amazon qu'ils aliènent les producteurs de contenus. (...) Que vais-je faire ? Que puis-je faire ? Puisqu'Amazon a décidé de ne pas m'aider, je vais cesser de supporter Amazon et me tourner vers les personnes qui m'ont, elles, aidé auparavant. »

 

Jim Hanas a donc retiré de son site (whytheycried.com) la possibilité d'acheter son livre Why They Cried sur Amazon, il reste disponible chez Kobo, Barnes&Noble, Apple, Google et Sony. Pour finir, il a dépensé ce qu'il lui restait en bons cadeaux Amazon pour s'acheter... un Kobo. « Il arrivera d'ici une semaine. Dès lors, je serai libre d'Amazon ».

 

Eileen Gunn, éditrice du magazine The Infinite Matrix, et auteur de récits de science-fiction (Coming to terms, Computer friendly …) ironise-t-elle aussi : « Amazon, en cherchant à imposer au distributeur IPG un nouveau contrat moins favorable, a frappé tous les éditeurs et auteurs dont les livres sont distribués par IPG. Sans compter tous les lecteurs dotés de Kindle. Vous cherchez une version numérique du «American Cancer Society Nutrition Guide ? Vous n'avez aucune chance avec Amazon. Vous auriez peut-être dû acheter un Nook ».

 

Un signal clair

 

Jeffrey A. Trachtenberg , journaliste au Wall Street Journal, estime que « les dernières évolutions d'Amazon sont signifiantes, car elles envoient un message aux éditeurs et aux distributeurs selon lequel il faudrait retirer des ebooks à un moment où ils constituent le segment le plus dynamique  du secteur de l'édition ».

 

Les actions d'Amazon seraient particulièrement surveillées à Wall Street.

 

De fait, le message est passé, mais les plus gros éditeurs nord-américains (Hachette Book Group, HarperCollins, MacMillan, Penguin Group, Random House, Simon & Schuster) doivent encore s'exprimer sur le sujet.

 

 




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