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Ebooks d'occasion : Les géants de l'internet repassent leur brevet

Julien Helmlinger - 20.05.2014

Lecture numérique - Ebook d'occasion - Livre numérique - Edition


Voilà quelques mois que l'on nous promet que les possesseurs de biens culturels numériques finiront par avoir les moyens de les revendre d'occasion, ebooks y compris. En 2013 les géants Amazon et Apple annonçaient avoir déposé des brevets allant en ce sens, et ReDigi de même. La revente a néanmoins été jugée illégale par un juge fédéral de New York, notamment car elle reposait sur une confiance absolue dans l'acheteur initial. Malgré une nouvelle tentative de ReDigi, aucune solution proposée ne semble viable. Échec critique ? 

 

 

 

 

Si la doctrine de la première vente permet aux propriétaires de copies physiques d'œuvres protégées de les revendre sans restriction, qu'il s'agisse de livres, de CD ou autres DVD, les versions numériques, ebooks et livres audio restent pour l'heure exclus du marché de seconde main. Nombre d'ayants droit s'y opposent. Lors de sa tentative, ReDigi s'est ainsi vu signifier par le tribunal, saisi par la Recording Industry Association of America et le label EMI, que le droit de reproduction est nécessairement impliqué dans ce type de revente.

 

Pour la justice il ne s'agit pas d'un simple transfert, le fichier étant copié en cours de migration. Or le droit d'auteur défend l'ayant droit contre la copie. De fait, lorsque l'on achète un ebook via les plateformes de Amazon, Apple, Barnes & Noble, Kobo, Google, et autres, on ne devient pas réellement propriétaire de ce bien. Les revendeurs ne commercialisent qu'une licence d'utilisation, ce qui empêche toute revente.

 

Néanmoins certains fournisseurs de lectures comme O'Reilly, permettraient à leurs clients de revendre des fichiers numériques, à la condition que l'acheteur initial n'en conserve aucune copie après revente. Un modèle économique qui ne repose que sur la confiance placée en l'usager, à l'ère numérique. Les indépendants pourraient donc changer la donne en jouant la souplesse les premiers, mais l'idée fait grincer des dents.

 

Reste à savoir comment l'obstacle sera contourné, ou pas. La petite case pour un éventuel tarif d'occasion est en tout cas déjà prête sur le site d'Amazon, et attendrait d'être remplie. Le géant songe prêter sa plateforme à ses clients pour ce faire, en garantissant que le fichier original soit détruit pendant le transfert. Ce qui pourrait permettre à la firme de jouer encore un coup d'avance sur les maisons d'édition, à moins que le concept breveté ait simplement été sécurisé pour ne pas être récupéré par d'autres.

 

Les détracteurs d'un tel marché de seconde main arguent quant à eux que l'idée d'un fichier d'occasion est une absurdité. Ils soulignent le fait que les pages d'un ebook ne s'endommagent pas, que l'on ne risque pas de se retrouver avec des griffonnages indélébiles en marge de pages. De leur côté on s'attend plutôt à des heures sombres pour les auteurs et éditeurs traditionnels, la fin de l'intérêt à acquérir un ebook neuf.




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