Ebooks : échapper à Hadopi avec une pirouette technique

Clément Solym - 17.01.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - hadopi - ebooks - edition


De leur propre aveu, nos petits camarades de Numerama ont trouvé une solution « relativement capillotractée », pour qui apprécie les livres numériques et aurait des velléités de mettre à mal la Haute Autorité.

L’idée est simple : de fait, les fichiers qui seront tracés par la société sont des fichiers uniques. Mais imaginons le cas d’un fichier contenant tout un paquet de livres, avec, soyons fous, des éditeurs n’adhérant pas au SNE. Dans cette optique, un fichier zip, contenant un bouquet de livres libres de droit, sous droits et sous Creative commons, échapperait alors gentiment à la surveillance des réseaux de peer-to-peer.

Tiens donc ?

Ce que relève Numerama, c’est que les « traitements présentés par (l'organisation d'ayants droit) ne porteront que sur la protection des œuvres appartenant au catalogue des membres dont elle défend les intérêts ». En somme, impossible de tracer un fichier qui ne ferait pas partie du bouquet des bouquins listés au préalable, et pour laquelle la CNIL donne l’autorisation aux organismes de relever les adresses IP. 

En effet, pour fliquer les oeuvres, « le dispositif utilisé à cette occasion reposera sur une technologie consistant à calculer pour chaque œuvre numérisée une empreinte numérique unique, insensible aux altérations qu’aurait pu subir l’œuvre concernée ».

En somme, tout fichier repéré en partage illégal étant identifié par rapport à une certaine empreinte, impossible de le retrouver s’il a été modifié, d’une manière ou d’une autre. Et le pirate qui propose l’oeuvre en question ne peut pas être inquiété si le fichier ne répond pas aux critères définis par la société qui surveille.

Qui va en faire les (des) frais ?

Probablement une raison de plus pour se demander combien l’édition et le SNE engageront dans cette lutte contre des moulins à vent, avant de se rendre compte que l’argent pourrait largement être placé ailleurs.

Rappelons en effet que le SNE a décidé de se lancer dans la course Hadopi, comme l’expliquait la déléguée générale, Christine de Mazières : « Le SNE envisage de rejoindre l’Hadopi, mais n’a pas encore fait de demande d’autorisation auprès de la Cnil. Nous allons d’abord auditionner les prestataires techniques possibles à partir de la mi-janvier. Ensuite seulement, cette demande d’autorisation pourra le cas échéant être déposée. » (notre actualitté