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Ebooks et bibliothèques académiques : une offre “peu lisible” et “complexe”

Antoine Oury - 19.09.2018

Lecture numérique - Usages - ebooks universite - livres numeriques bibliotheques - bibliotheques academiques


Le consortium Couperin, qui se charge des négociations au nom de ses membres pour l'achat et l'accès aux ressources numériques, a mené l'enquête pour établir un état des lieux du livre numérique dans les bibliothèques académiques. Cette mise à jour de la dernière enquête, qui remontait tout de même à 2009, permet de se rendre compte que la situation n'a guère évolué. 


Kobo Aura One
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


 

Avec 85 répondants — contre 77 en 2009 —, dont 55 bibliothèques universitaires et assimilées dont les Instituts d'études politiques, 6 écoles de commerce, 16 écoles d'ingénieur, 6 organismes de recherche (dont la Bibliothèque nationale de France), et 2 autres établissements, l'enquête s'assure d'une bonne représentativité. Les questions posées portaient sur 4 points : les éléments budgétaires, la politique documentaire, l’accès et le signalement et l’utilisation des statistiques.

 

Premier constat, malheureusement, « l’offre apparaît toujours aussi complexe et peu lisible », note Couperin, et « l’acculturation à l’objet ebook par les professionnels peut encore se révéler difficile ». Les réponses des professionnels à certaines questions, à elles seules, pouvaient permettre de tirer cette conclusion, note l'organisation. « D’une manière générale, l’offre numérique pour les bibliothèques est très spécifique et reste moins bien fournie que l’offre grand public », souligne Couperin, un constat partagé avec l'offre numérique pour les bibliothèques publiques...

 

Côté budget, « une part croissante, mais relativement modeste des dépenses en ressources numériques est consacrée aux ebooks (11,9 %), que l’on peut expliquer par la pression forte des Big Deals, de l’inadéquation entre l’offre et la demande, des achats importants encore de monographies imprimées (notamment de manuels) ainsi que des nombreuses restrictions budgétaires », indique Couperin. Du point de vue des modes d'accès, les bibliothèques ont recours « à part à peu près égale » à des acquisitions pérennes et à des abonnements.

 

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Le paysage éditorial s’est considérablement diversifié depuis la dernière enquête, signale Couperin : du côté des acteurs français, on note une prédominance du modèle d'abonnement, tandis que les achats pérennes « sont plus répartis entre les [acteurs] français et étrangers ». Les livres numériques en sciences humaines et sociales sont les plus acquis, en termes de volume, mais Couperin remarque que « beaucoup de fournisseurs desservent un très petit nombre d’établissements à la fois ».

En 2017, 62 à 74 % des acquisitions se font dans le cadre supervisé par Couperin, contre 46 % en 2009. 
 

Une politique documentaire à la traine


La complexité de l'offre de livres numériques a un autre effet : « Seule une minorité d’établissements a recours à des procédures normalisées dans le cadre des marchés publics ce qui démontre la difficulté d’élaborer un marché spécifique aux ebooks », souligne Couperin. Qui indique que l'offre reste « déficitaire par rapport à une demande toujours très forte de contenus, notamment de niveau Licence, en Français ».

 

Absence de certains ouvrages, notamment des éditions récentes, absence d’une offre au titre à titre, absence des titres auprès des fournisseurs retenus par les établissements... Autant d'obstacles à des procédures normalisées, mais aussi à une politique documentaire cohérente et menée par les professionnels. « La plupart des établissements ayant répondu évaluent à 1 ETP ou moins le personnel dédié à l’acquisition et au signalement des ebooks », ajoute Couperin, ce qui n'aide pas non plus à l'élaboration d'une politique documentaire.

 

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Cela dit, les ressources numériques achetées par les établissements sont la plupart du temps valorisées par les établissements : 90 % des répondants ont mis en place des actions, avec une valorisation tant numérique que physique. Les bibliothèques universitaires sont les plus avancées dans ce type de pratiques.

Couperin indique, pour terminer, qu'un travail d'exploitation des données d'usage est encore nécessaire. « Peu d’établissements mettent encore en parallèle les statistiques des SIGB même si un certain nombre en a le projet ou la volonté. Ceux qui le font d’ailleurs procèdent par segment sur des collections phares ou des éditeurs précis », précise le consortium. Pourtant, ces statistiques permettraient d'affiner l'offre, et de reconduire ou supprimer des abonnements.

L'étude complète de Couperin est disponible ci-dessous ou à cette adresse.
 

 




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