Ebooks et piratage : Alerter et sanctionner ou présenter une offre attractive ?

Clément Solym - 13.10.2011

Lecture numérique - Législation - pirater - livres numeriques - offre légale


Faisant suite à l'appel lancé par Gottfried Honnefelder, directeur de la Fédération allemande du commerce du livre, l'industrie s'est émue de ce que le piratage d'ebooks était un écueil dont elle souhaitait se protéger. Selon le directeur du groupe qui réunit libraires et éditeurs, 60 % des ouvrages numériques téléchargés dans le pays l'an passé l'ont été illégalement. (voir notre actualitté)

 

Alors que l'industrie allemande réalise moins de 1 % de son chiffre d'affaires avec le livre numérique, la part d'ouvrages piratés serait donc faramineuse. L'essor des tablettes, l'arrivée d'Amazon en France, pays ô combien difficile dans le secteur, ou encore l'accord entre Fnac et le Canadien Kobo, sont autant d'indicateurs de ce que le mouvement vers le livre numérique est enclenché dans notre pays.

 

La musique dans la longue-vue

 

Cependant, et une fois n'est pas coutume, Gottfried Honnefelder alerte l'opinion publique et déclare que le gouvernement allemand ne fait rien pour aider l'industrie à lutter contre le piratage. Il est vrai que le nombre négligeable d'oeuvres piratées semble peu justifier une telle agitation, mais c'est qu'en arrière-plan, on redoute surtout de subir ce qui a éprouvé le monde de la musique, ces dix dernières années.

 

 

Pour Thomas Mosch, membre de la direction de Bitkom, la fédération des entreprises technologiques allemandes, le constat du directeur est excessif : tout d'abord, les 60 % sont certes tirés d'une étude, mais ils semblent peu vraisemblables. « Les lecteurs de livres électroniques sont surtout des gens éduqués, d'âge moyen, avec des revenus plutôt élevés. Pas vraiment le profil du pirate », ajoute-t-il.

 

Certes, parvenir à une estimation exacte relève des 12 travaux d'Hercule. De même qu'il est encore impossible, quoi qu'en disent des sociétés comme Attributor, chargées de surveiller les échanges de fichiers sur les réseaux, combien coûte réellement aux éditeurs d'oeuvres le piratage. Surtout qu'il existera toujours cette idée, difficile à faire avaler à un ayant droit : toute oeuvre téléchargée illégalement ne représente en rien une vente perdue.

 

Et la position est tout à fait défendable : on télécharge, pour découvrir, mais jamais on n'aurait eu envie d'acheter le produit.

 

Thomas Mosch souligne également que pour arriver à une étude viable et fiable sur le téléchargement et son impact, « il faudrait demander à chaque lecteur dans quelle mesure il aurait payé pour le livre téléchargé illégalement ». Chose impossible, évidemment.

 

La littérature n'intéresse pas

 

Cependant, on connaît les secteurs dans lesquels le téléchargement illégal frappe le plus fort : celui des ouvrages scolaires et universitaires. Les États-Unis constatent que 20 % des livres sont vendus dans un format électronique, mais que clairement, la littérature ne semble pas passionner les pirates. Claire Holloway, rassurante, précise que les livres académiques ou les manuels sont en revanche bien plus concernés. Et d'évoquer à demi-mot l'activité bien connue de Library Pirate, qui fournit même les outils aux étudiants pour qu'ils puissent participer à la chasse aux oeuvres. (voir notre actualitté)

 

Cependant, une offre légale, on ne le répétera décidément jamais assez permettrait de juguler dès le départ - bien entamé outre-Atlantique - le téléchargement pirate. « Si vous donnez aux gens une voie d'accès légale aux contenus, ils l'utiliseront. La plupart ne veulent pas voler », précise Claire Holloway à l'AFP.

 

 

Pas vraiment l'orientation que la so british Publishers Association a choisie, puisque sont portail de délation vise avant tout la répression, en offrant de quoi signaler, pour les ayants droit, les sites illégaux, plutôt que d'oeuvrer à des offres concurrentielles. Néanmoins, l'effet serait intéressant, puisque 86 % des personnes contactées acceptent de retirer les contenus considérés comme illégaux.

 

Pourtant, il faut raison garder, et c'est Thomas Mosch, qui semble se faire porte-parole de ladite raison. « Le secteur de l'édition va devoir trouver un équilibre fragile, car des mesures de luttes contre le piratage trop rigoureuses pourraient effrayer même certains clients prêts à payer », précisant : « On n'arrivera jamais à stopper totalement le piratage. »

 

Cependant, son analyse est que 10 à 20 % de piratage restant permettra d'accéder à 80 voir 90 % d'acheteurs - et offrir à l'édition de beaux jours encore.

 

Maintenant... en tant que défenseur de bout de gras, puisque le Bitkom réunit les fournisseurs d'accès à internet, il est évident que Thomas Mosch prêche la bonne parole. Dans tous les cas, téléchargement légal ou illégal, ce seront toujours les fournisseurs d'accès au net qui empocheront le pactole, en ouvrant les connexions, et les vannes.




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