Ebooks illustrés : le chaînon manqué

Morel Bastien - 12.03.2013

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Le livre numérique illustré tâtonne encore. Entre les appareils monochromes inadaptés et les contenus enrichis onéreux à produire, l'offre peine à se dessiner. Si la technologie de maquette fixe est bien maîtrisée, le portage d'illustrations dans du texte, comme autrefois pose des problèmes d'intégration.

 

 

 

 

Mais certains acteurs du secteur sont bien décidés à inverser la tendance. Ainsi, Papertrell, société basée en Inde prend le parti de réduire les coûts de développement d'application auprès des éditeurs qui souhaitent se lancer dans l'expérience. Dans son cahier des charges, Papertrell propose une application fonctionnant sur Kindle, iOS, Android, Windows et Nook moyennant 400 $ par plateforme. Un montant bien inférieur à des standards qui peuvent chiffrer jusqu'à 100.000 $.

  

Contre un coût minoré à la conception, Papertrell prélève en sus 20%sur chaque application vendue et une souscription de 200$ chaque année. Un pari qui s'est révélé payant. Par le passé, la société a produit pour HarperCollins le Guide de survie SAS, écoulé à 200.000 copies, générant 1 million de dollars pour la société. Avec ce modèle, son président, Arun Benty, balaye les critiques sur les coûts du modèle illustré numérique. Et lui donne de solides armes.

 

La plateforme créée automatiquement un site internet pour chaque application et propose la mise à jour de métadonnées en plus d'outils analytiques allant jusqu'à la gestion de critiques négatives d'utilisateurs. Comme il le dit « nous savons comment vendre des applis .

 

Un format fait pour les magasins

 

L'été dernier, un article de Bookseller rappelait que le grand bon n'avait pas eu lieu et que le décollage n'aurait pas lieu avant 2013. Un constat qui avait fait pencher plusieurs commentateurs sur les talons d'Achille de l'illustré numérique. Parmi ceux-là, Mike Shatzkin, éditeur et expert numérique américain, ne croyait pas aux prévisions heureuses à venir dans les cinq ans.

 

Avec bon sens, l'homme indiquait que le livre illustré, numérique ou pas, souffre de sa stricte vente en ligne.  « Vous voudriez certainement y jeter un oeil avant de l'acheter, et l'aperçu que vous trouverez en ligne ne rendra pas justice à ce que vous pourriez voir si vous le teniez dans les mains ».

 

Autre épine de taille, les formats illustrés dans un but explicatif se heurtent à la concurrence indirecte de la vidéo. Selon Shatzkin, qu'il s'agisse d'un manuel de tricot ou un atlas, l'illustré est moins didactique et dynamique que les vidéos. Au point de faire envisager aux éditeurs le passage complet au contenu enrichi, avec incrustation de vidéos et de mouvements narratifs. Hélas, les coûts sont à revoir, d'autant plus que les plateformes de partage vidéo offrent un modèle gratuit.

 

Un constat que ne partagent pas certains éditeurs de beaux livres au format numérique.