Ebooks : Les marchands retrouveraient une politique de prix libres

Clément Solym - 03.04.2012

Lecture numérique - Législation - entente - livres numériques - éditeurs


En l'espace de quelques jours, c'était devenu le scandale national aux États-Unis, et finalement, par contagion, le mal s'était propagé en Europe, faisant fi de l'océan qui les sépare. Quelle inconséquence ! Le fond de l'histoire, c'est une possible, voire vraisemblable, entente entre Apple et des grands groupes d'édition pour augmenter et fixer le prix de vente des livres numériques.

 

L'historique est facile à remonter : Amazon avait fait main basse sur le marché de l'ebook, en vendant à son gré les livres numériques, selon l'absence de législation établissant un prix de vente fixe pour tous les revendeurs. Et Apple, avec l'arrivée de son iPad, devait ménager sa place, en préparant la vente d'ebooks de son côté. De là, l'apparition du contrat d'agence, qui fixait un prix unique pour tous les revendeurs, et augmentait le tarif pour le grand public.

 

Ce contrat interdit donc de proposer des ebooks à un autre tarif que celui des concurrents. Provoquant une absence de concurrence. Or, l'agence Reuters a cité récemment deux sources évoquant une conclusion prochaine, dans les semaines à venir, de ce dossier, actuellement dans les mains non seulement du ministère de la Justice américain, mais également celles de Bruxelles, qui s'en est émue. 

 

 

 

Selon de nouvelles informations, cette future décision serait favorable au consommateur et aux détaillants, explique Jim Friedland, analyste chez Cowen & Co. « Ce serait profitable pour Amazon, car la plus grande force de cette entreprise est dans ses gros volumes de ventes, et des prix de détaillants bas. Et le gros de l'affaire se joue là. »

 

Un véritable retour en arrière, pour l'industrie, alors que les auteurs eux-mêmes avaient clairement défendu, non pas l'entente, mais le fait qu'Amazon ne soit plus le leader sur le marché. Et l'unique source d'approvisionnement en livres numériques pour le grand public. D'ailleurs, plusieurs auteurs de polars, interrogés durant Quais du Polar, à Lyon, ont pu expliquer à ActuaLitté combien la situation les écartelait entre gagner sa vie et garder l'esprit de concurrence...

 

Et qu'en fut-il du Nook ?

 

Toujours selon l'analyste, cette future décision rendrait à Amazon la possibilité d'acheter en gros, et de revendre au prix qui lui convient, et engendrerait une augmentation du chiffre d'affaires évaluée à 5 milliards $ pour l'année 2013... Toutefois, son bénéfice n'augmenterait pas pour autant, du fait des coûts d'achat et de la faible marge sur les ventes au détail. 

 

Et pour preuve que notre analyste a bien tout compris des enjeux, cet imbécile ajoute que selon lui, les ventes d'ebooks chez Apple sont infimes et que la perte du contrat d'agence n'aurait qu'un impact dérisoire sur les résultats de la société. 

 

Or, la situation vient de connaître une autre avancée, alors que les plaintifs ont déposé une nouvelle pièce au dossier. En effet, les avocats ont attiré l'attention sur le fait que Barnes & Noble avait lancé ses Nook plusieurs mois avant l'iPad et que les éditeurs n'avaient pas pour autant modifié leur tarification. De quoi montrer que seul Apple avait les moyens de faire plier l'édition, et organiser un complot sur le prix de vente. Difficile de savoir ce que ce dossier déposé pourra avoir comme conséquence sur le ministère de la Justice.

 

Plus facile en revanche de savoir quelle incidence sur l'industrie aurait le retour d'un Amazon en position dominante...

  

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