En Amérique latine, le livre numérique et ses détracteurs

Clément Solym - 03.01.2014

Lecture numérique - Usages - Amérique latine - livre numérique - adoption par le public


Le Mexique proposera, à compter du 15 janvier, des solutions de paiements dans les librairies et les banques Oxxo, sans avoir à tirer sa carte bleue. Le tout se passera avec les téléphones portables et cartes prépayées. Des solutions qui pourraient rassurer une population dont les trois quarts restent réticents à faire leurs achats sur internet. Une manne pour le marché du livre numérique.

 

 

 Festa Latina • Belo Horizonte • 26/09/2013

Pas encore les (ré)percussions attendues pour l'ebook

Fora do Eixo, CC BY SA 2.0

 

 

Avec une offre de 103.000 ebooks proposés par 400 éditeurs, Jaume Sués Caula, directeur de la chaîne Casa del Libro, se félicite par avance : avec un potentiel de 8 millions de lecteurs ebook, 26 millions de smartphones et 4 millions de tablettes, le marché de l'Amérique latine représente une véritable force. D'ici à 2016, pronostique-t-il, le livre numérique pèsera pour 70 millions $, ajoute le libraire. 

 

Pour l'heure, le Mexique reste autour de 1 %, selon les chiffres 2011 de CANIEM (Cámara Nacional de la Industria Editorial Mexicana), contre 2 % en Espagne, l'autre grand marché de la langue. Dans le même temps, les offres se développent, et les librairies Gandhi proposent désormais leur propre lecteur ebook, le Enos, pour 2000 pesos, avec 500 titres à télécharger gratuitement. 

 

Or, une pareille offre sur des ouvrages sous droit inquiète l'éditeur Juan Casamayor, directeur de Páginas de Espuma : « Si l'on offre 500 livres, nous disons au lecteur que le livre ne vaut rien. Comment acceptera-t-il de payer 20 $ par la suite pour un livre ? » Un son de cloche qui se retrouve chez d'autres maisons, comme Ofelia Grande, de Sirueal : « Il traîne une idée erronée que le livre numérique est presque gratuit, parce que l'on croit que la création de ces ouvrages est moins chère. » 

 

Et pour l'heure, il semble bien que les sociétés de l'internet, de même que les vendeurs d'appareils, soient plus empressées que le public, de voir la lecture numérique massivement adoptée. Surtout que les habitudes que prend le public, vis-à-vis des outils numériques, se tournent plutôt vers les réseaux sociaux que la lecture. 

 

Reste, comme toujours, l'idée que l'expérience de lecture doit être modifiée, que l'on doive proposer des ouvrages qui sont en relation avec les outils de lecture - et donc, réaliser des investissements nouveaux, dans les maisons d'édition. Des textes enrichis, avec de la réalité augmentée, autant d'idées qui sont dans l'air du temps, mais dont personne ne trouve encore les réalisations idéales. 

 

via AM