En Nouvelle-Zélande, les lecteurs préfèrent toujours l'imprimé

Julien Helmlinger - 04.07.2014

Lecture numérique - Usages - Livre imprimé - Ebook - Formats de lecture


L'opposition entre le livre papier et son pendant dématérialisé constitue un vivier intarissable de débats frétillants, avec leurs arguments plus ou moins frais. Les pros de l'édition devraient donc cette année encore avoir de quoi animer leurs longues soirées d'été. Le plaidoyer des inconditionnels de l'imprimé serait davantage passionné et impulsé par des raisons émotionnelles, quand celui des avocats de l'ebook se voudrait nourri de considérations peut-être plus pragmatiques, touchant notamment aux questions de coût et autres avantages fonctionnels.

 

 

CC by 2.0 par Pen Waggener

 

 

 

Une enquête de l'UMR, basée sur les bases de données en ligne de l'entreprise SAYit, apporte quelques nouveaux chiffres pour alimenter ces discussions. Les usages d'un panel d'un millier de lecteurs néo-zélandais ont ainsi été passés en revue, révélant que 34 % des sondés ont lu un ou plusieurs bouquins entiers au cours de ces 12 derniers mois écoulés, tous formats confondus, contre seulement 7 % qui admettent avoir passé l'année sans même lire un seul extrait de livre.

 

On apprend également que 21 % des répondants possèdent un appareil mobile dont ils se servent en premier lieu pour accéder à la lecture numérique. 

 

Sur l'ensemble de ceux qui revendiquent avoir au moins entamé un livre, soit 93 % du panel, ils sont 95 % à avoir feuilleté du papier, en comparaison à 36 % ayant lu en numérique, et seulement 10 % à avoir tendu l'oreille à un audiobook. Pour ce qui touche à la popularité des formats de lecture, nous avons donc un incontestable et traditionnel chef de file. 

 

Par ailleurs, le livre imprimé arriverait également en tête des formats jugés selon qu'ils constituent ou non la meilleure façon de lire aux yeux des sondés. Les répondants à cette question, ceux ayant consommé à la fois du papier et de l'ebook, sont 35 % à préférer le livre imprimé contre 22 % d'adeptes du numérique et 44 % de modérés qui trouvent un intérêt dans chaque format.

 

Le lectorat le plus largement conquis par l'ebook serait celui que constituent les jeunes de moins de 30 ans, dont seulement 28 % estiment préférer le livre physique. En revanche, la catégorie des 45-49 ans serait la plus hostile au numérique, avec 42 % acquis au papier contre 18 % à la lecture numérique.

 

Argumentation des sondés

 

Pour justifier leurs choix, les membres du panel acquis au livre traditionnel ont invoqué des arguments comme celui de l'odeur visiblement addictive, du papier, mais aussi le fait que le format ferait moins mal aux yeux du lecteur. Ajoutons à cela que le bouquin imprimé ne risque pas de tomber en rade de batterie, qu'il est parfois plus simple de tourner les pages et que l'on y gagne quelque chose pour meubler ses étagères.

 

Dans l'autre camp de radicaux, l'argument de la portabilité arrive devant d'autres, comme le fait de pouvoir s'approvisionner plus facilement en nouveaux titres, d'en trouver de moins onéreux, et des ebooks qui peuvent parfois être perçus comme plus simples à lire.

 

(via Stuff)