Espagne : Santillana, Planeta et Mondadori ouvrent la guerre numérique

Clément Solym - 06.07.2009

Lecture numérique - Acteurs numériques - Mondadori - Santillana - Planeta


La distribution de livres numériques va connaître un sacré coup de fouet en Espagne avec l'alliance de Santillana, Planeta et Mondadori (Random House) qui ouvrent les hostilités en annonçant une plateforme de négociation des droits pour les livres numériques, en collaboration avec des agents littéraires.

Vendre les droits à divers éditeurs, selon les versions

Plus évolution que révolution, cet outil n'a pas encore de date précise, mais atteste bien de l'envie que les groupes ont de s'impliquer dans ce nouveau domaine. Plusieurs accords sont déjà en cours, mais rien n'a pour le moment été signé. Alicia Gonzales, membre de l'Asociación de Agencias Literarias s'explique : « Nous gérons les droits avec les auteurs, mais sans passer outre les éditeurs. Nous travaillerons avec eux. »

Cela permettrait concrètement d'avoir la parution d'une version papier chez un éditeur et les droits numériques chez un autre, explique Francisco Cuadrado, directeur de Santillana.

Une chose à savoir : en Espagne, les droits sur un ebook seront plus élevés : on parle de 25 à 40 % en regard du livre papier, à 10 %. Car l'auteur doit gagner la même chose avec une version numérique qu'avec une version papier, estime Ricardo Cavallero, récemment nommé directeur général du groupe italien Mondadori.

« S'il existe une demande sans offre,
on court vers la piraterie. »

Mais tout le monde reste prudent : première phase, la numérisation, opération coûteuse. Ensuite, signature des droits accordés, pour l'heure dans de courts laps de temps (on parle d'un an à 36 mois). Ensuite, trouver les acteurs pour la vente : à ce titre, les bibliothèques semblent être les premières en ligne de mire. Surtout, rejeter toute expérience qui puisse nuire aux libraires assure-t-on.

Mais avec une certaine finesse, on accepte que, même si le marché est encore faible, il faille d'ores et déjà offrir aux internautes des choses intéressantes, sous peine qu'ils ne se tournent vers le piratage. Planeta, Santillana et Random House sont cependant convaincus que d'ici à six mois, de nombreuses surprises viendront parsemer ce terrain. « S'il existe une demande sans offre, on court vers la piraterie. »