Europe : besoin d'une industrie culturelle et un secteur de l'édition forts

Clément Solym - 11.10.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - licences for Europe - droit d'auteur - livre numérique


Il était prévu que le Commissaire européen, Michel Barnier, rende visite à à la Fédération des éditeurs européens. Et comme Michel est un homme de parole, il s'est rendu ce matin à leur rencontre : en charge du marché intérieur à la Commission européenne, il s'est offert une petite visite de la Foire du livre de Francfort.

 

 

Ministru prezidents Valdis Dombrovskis tiekas ar Eiropas Komisijas Iekšējā tirgus un pakalpojumu komisāru Mišelu Barnjē (Michel Barnier)

Michel Barnier

Valsts kanceleja, CC BY SA 2.0

 

 

C'est accompagné d'une délégation comptant plusieurs acteurs de l'industrie*, que Michel Barnier s'est arrêté au bureau international de l'édition français, avant de se rendre sur les stands de différents éditeurs. 

 

À l'origine du projet Licences pour l'Europe, le commissaire a porté l'accent, avec cette opération, sur la promotion des licences en matière d'accès aux oeuvres numériques, mais également sur le droit d'auteur et le commerce électronique.

 

Dans un communiqué, le président de la FEE, Piotre Marciszuk, a estimé que « les éditeurs européens ont eu l'occasion de montrer au Commissaire en charge du droit d'auteur, entre autres dossiers, l'importance de leurs investissements tant dans la création que dans l'innovation. Les éditeurs développent des licences qui permettent à leurs lecteurs d'avoir accès aux livres dans les meilleures conditions possibles. Nous apprécions le travail qui est fait dans le cadre de Licences pour L'Europe et continuerons à encourager de telles initiatives ».

 

Pour Michel Barnier, l'enjeu est celui, pour les industries, d'un essor économique. Il avait présenté son projet Licences for Europe en février dernier, balayant un plan en quatre points majeurs :  

1. La première concerne la portabilité transfrontalière des services d'accès en ligne aux contenus.

Comment faire en sorte que les Européens puissent avoir un meilleur accès transnational aux services de musique et de vidéo en ligne ? Et comment mieux garantir la continuité de ces services lorsque ceux qui y souscrivent se déplacent en Europe avec leur smartphone ou leur tablette ?

2. Deuxième question: la disponibilité en ligne des films européens : seuls 15 % du riche héritage cinématographique européen est pour l'instant disponible en ligne, et souvent sur une base uniquement nationale !

D'un côté, des milliers de films et de documentaires de qualité sont produits chaque année en Europe avec un petit budget sans jamais être accessibles sur les plateformes légales. De l'autre, des milliers d'amateurs qui sont prêts à payer pour voir autre chose que des blockbusters ne trouvent pas leur bonheur.

Il est temps de voir émerger sur Internet des offres légales qui répondent à ces attentes.

3. Troisième question : celle de la situation caractérisant les contenus réutilisant d'autres contenus en ligne ["user-generated content"], ainsi que les difficultés des petites entreprises et des utilisateurs pour obtenir les licences nécessaires pour l'ensemble des droits.

Nous devons mieux cerner l'étendue des problèmes – s'ils existent car des arrangements pratiques dont déjà en place – et en tout cas faire en sorte que les solutions contractuelles ou technologiques soient trouvées pour le bénéfice de tous, lorsque le besoin existe.

4. Enfin, la dernière question concerne les réponses qu'il pourrait être nécessaire d'apporter à l'exploitation du potentiel des nouvelles activités dites de "fouille" ou d'exploration des données et des textes ("text and data mining").

 

Durant son déplacement à Francfort, il a ajouté : « À l'ère numérique, le livre comme les journaux, la musique, les films, représentent plus que jamais un enjeu de diversité, de démocratie et de réussite économique pour l'Europe. Nous voulons promouvoir la création, et en faciliter l'accès au plus grand nombre. Nous avons pour cela besoin d'une industrie culturelle forte, et d'un secteur de l'édition qui se porte bien. L'internet est une opportunité, à condition que son fonctionnement soit ouvert, juste et équitable. »

 

 

 

* Piotr Marciszuk, Président de la FEE (Stentor, Pologne), Pierre Dutilleul, Vice-Président de la FEE (Robert Laffont, France), Vincent Montagne, Président du Syndicat National de l'Edition (Media Participations, France), Richard Charkin (Bloomsbury, UK), René Strien (Aufbau, Allemagne), Henrique Mota (Principia, Portugal), Laure Darcos (Hachette)