Expliquer le rapport Reda : exception culturelle ou chasse gardée ?

Cécile Mazin - 09.03.2015

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Depuis la remise du rapport de l'eurodéputée, Julia Reda, établissant un projet de réforme pour le droit d'auteur, les réactions n'ont pas cessé. Le clivage est nettement défini entre, d'un côté, l'immobilisme, et de l'autre, l'incompréhension. Mais en clair, le rapport Reda n'est pas du tout apprécié. Le Parti pirate français, en regard du panorama des réactions, déplore avant tout l'absence de débat.

 

 

Julia Reda - be-him CC-BY NC ND

 

 

Julia Reda est issue du parti pirate allemand, et le soutien que ses confrères français lui apportent a pris la forme d'un site web : Réformons le droit d'auteur. Thomas Watanabee-Vermorel, porte-parole du PP déplore dans un communiqué que « les sociétés de gestion et les ayants droit semblent avoir complètement inféodé la classe politique ». 

 

Repliée derrière « l'exception culturelle », la classe politique ne ferait pas œuvre de lutte contre une logique marchande, mais présenterait la culture « comme une chasse gardée, une manne exclusive, une espèce de privilège d'ancien régime ». 

 

Constatant que la création n'est pas vraiment au beau fixe, et que la majorité des auteurs ne vit pas de sa production, le PP pointe du doigt le détournement des « revenus de la création au profit d'organismes opaques et organisent le racket du public ». Et de citer l'eurodéputée pour qui « le rejet de ces propositions de bon sens par quelques sociétés de gestion collective, exprimé de cette façon hyperbolique et catastrophiste relève d'un refus délibéré de s'adapter au changement. Cette posture dessert les artistes qu'ils prétendent représenter et bloque l'intégration européenne et l'innovation dans le secteur des médias ».

 

Le PP déplore l'absurdité d'un système français tel qu'il fonctionne actuellement, citant notamment l'arrivée du Petit Prince dans le domaine public retardée de plusieurs décennies en France par rapport aux pays voisins...

 

Jean-Marie Cavada est également désigné pour ses positions axées sur « la défense de ses privilèges personnels », sans parvenir à représenter l'intérêt de tous. « Le président désigné de Nous Citoyens, assis sur ses droits d'auteur, il a une vision rétrograde et patriarcale de la création comme de la politique », estime le PP. 

 

Le parti souhaite qu'un véritable « débat éclairé » soit posé, « et sans a priori sur les indispensables ajustements des droits d'auteurs à l'ère du numérique ». 

 

« Que la question des droits d'auteurs et droits voisins soit marginale, l'écume de la politique et de l'économie, on peut le croire. Mais ne serait-elle pas au contraire symptomatique des grandes questions, d'équilibres nouveaux à trouver dans l'ouverture mondiale contre le renfermement national ? »

 

Le site ouvert par le Parti Pirate présente l'ensemble des propositions formulées, et apporte quelques précisions, qui ne seront certainement pas du goût de tous.