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Faut-il s'inquiéter de l'avenir financier d'Amazon?

Xavier S. Thomann - 08.02.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Amazon - Bourse - Action


C'est un article du célèbre magazine américain Forbes qui point du doigt certaines faiblesses de chef de file de la vente en ligne, Amazon. L'action de la multinationale de Seattle serait un peu trop surévaluée. Or, en des temps comme les nôtres, il faut garder une certaine prudence vis-à-vis de la bourse. 

 

Amazon Packaging

William Christiansen, CC BY 2.0

 

On a beaucoup parlé du cas de l'entrée en bourse de Facebook et la pertinence de cette introduction sur le marché financier. Par rapport à l'entreprise de Mark Zuckerberg, la firme de Jeff Bezos semble présenter plus de qualités évidentes sur le long terme, dans un monde où le commerce en ligne ne s'est jamais aussi bien porté. 

 

Pourtant, des zones d'ombre persistent quant à la valeur réelle de l'entreprise. Igor Greenwald nous invite à nous poser la question suivante : Amazon est-il dans une situation similaire à Apple il y a 10 ans ou bien une situation plus proche de celle de Dell ? Deux entreprises avec des similitudes (mais aussi pas mal de différences) qui ont connu une évolution radicalement différente. 

 

Rappelons que Dell avait fait une belle entrée en bourse en 2004. Il y a trois jours, on apprenait que l'entreprise voulait quitter le cours boursier. C'est le fondateur, Michael Dell, qui devrait racheter sa propre entreprise avec l'aide de Microsoft. 

 

Expansion, expansion...

 

La question est de savoir si Amazon pourrait connaître une évolution similaire. L'article de Forbes estime que l'action d'Amazon est trop élevée, par rapport à son chiffre d'affaires annuel. L'entreprise est comparée à « un avion de ligne cherchant à décoller d'un pore avion. » Une situation qui devrait mal se terminer pour les « passagers » si l'on en croit les propos de Greenwald. 

 

Selon ce dernier, si Amazon veut conserver des actions élevées, la firme doit continuer d'étendre ses parts de marché. De ce point de vue, les choses vont dans le bon sens, avec une croissance annuelle de 23 % en termes de ventes par rapport aux autres distributeurs. Toutefois, cette logique ne peut continuer à l'infini. 

 

Amazon a contribué au déclin des libraires physiques, mais de ce côté la marge de progression va diminuer, du simple fait qu'il y a de moins en moins de librairies à fermer (de grands acteurs, tels que Borders, ont déjà disparu). « La piste continue de se raccourcir », poursuit l'article, filant la métaphore aérienne. 

 

Pas d'autre solution pour Amazon si ce n'est trouver d'autres marchés. Là encore, c'est ce qu'elle fait, en ouvrant des sites un peu partout dans le monde. Mais les actionnaires doivent prendre garde. Car cela suppose qu'Amazon réussisse sur chaque nouveau marché à écarter la compétition tout en pratiquant des prix acceptables, à la fois pour l'entreprise sur le plan de la rentabilité, mais aussi pour les clients qui se rendent sur site dans le but de faire des économies. 

 

Mais jusqu'à quand ? 

 

Réussir à faire précisément cela pour chaque nouveau marché relève en partie de la gageure et d'une forme d'hybris. Il est peu probable que partout dans le monde on se soumette gentiment à la suprématie d'Amazon sur le marché. 

 

Ce d'autant plus que les gouvernements ont la ferme intention de faire marcher l'entreprise au pas, question fiscalité. Que ce soit en Europe ou aux États-Unis, les choses sont loin d'être aussi simples qu'aux premières heures du net. À titre d'exemple, mentionnons l'État du Connecticut qui va soumettre la firme à une taxe, ce qui n'était pas le cas auparavant. Il s'agit d'une sorte de TVA s'élevant à 6,35 %. Autrement dit, les prix pour les clients vont augmenter. 

 

Dans certains endroits, on constate même une légère hausse aussi pour les marchands physiques, les premiers à profiter des taxes imposées à Amazon, dont le développement a jusqu'à présent largement profité de l'absence de taxes. Pendant ce temps Amazon continue d'investir, espérons pour eux que c'est la bonne stratégie. 

 

 




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