Toucher de nouveaux publics : le service de presse numérique

Nicolas Gary - 19.06.2015

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Le travail parfois fastidieux, et immanquablement coûteux, des services de presse pourrait être allégé. Loin de clamer la fin des envois de livres papier, la société NetGalley France, joint-venture réunissant Feedbooks et NetGalley LLC, propose aux éditeurs une solution totalement numérique. L’objectif est simple : rendre les ouvrages accessibles aux journalistes, libraires, bibliothécaires ou blogueurs, en format ebook.

 

service presse numérique NetGalley

 

 

Fondé en 2008, NetGalley réunit aujourd’hui 350 éditeurs américains et britanniques, avec des centaines de catalogues les plus variés possible. « Des groupes comme Random House ou Hachette ont recours à cette solution, autant que des éditeurs spécialisés. Notre projet est maintenant de développer ce service sur le marché francophone », nous précise Hadrien Gardeur, cofondateur de Feedbooks, librairie en ligne.

 

Le service de presse représente une part de travail non négligeable dans une maison d’édition. Ce sont tous ces ouvrages envoyés aux professionnels du livre et médiateurs (presse, blogs, etc.), par voie postale, ou coursier. Un investissement également coûteux : les livres peuvent être des épreuves encore non corrigées, imprimées spécifiquement pour que chacun en dispose avant la sortie officielle. « Un outil numérique, permettant à des éditeurs d’envoyer ces épreuves, ou les livres définitifs, simplifie grandement ce pan de la communication. »

 

Le fonctionnement est limpide : pour l’utilisateur, il faudra créer un compte, et selon sa fonction, il disposera d’accès variables. L’éditeur, pour sa part, choisira les titres qu’il souhaite mettre à disposition de ces lecteurs, et les modalités d’accès. 

 

« Un blogueur pourra se rendre sur le site, et faire une demande, que l’éditeur validera, pour télécharger le livre souhaité. De son côté, l’éditeur peut inviter des acteurs qu’il désire sensibiliser, mettre en ligne en mode privé ou public l’ouvrage, et sélectionner des personnes selon une base de données », explique Hadrien Gardeur. 

 

Une solution d’accès pour l’ensemble des ouvrages est également possible : en somme, des solutions multiples pour répondre à différentes situations. « NetGalley apporte avant tout une réponse pour que des publics parfois oubliés ou négligés, comme les bibliothécaires, puissent lire les nouveautés. C’est l’occasion de développer un lectorat, avec des éléments d’accessibilités totalement maîtrisés. »

 

Le coût dépendra alors, pour la maison, du nombre de livres que l’on souhaite activer. Il serait possible de présenter toute sa rentrée littéraire, tout en ne payant que quelques-uns des titres, mis en téléchargement.

 

« Le gain économique sur les coûts d’impression, et les envois postaux, compte bien sûr. Mais de ce que nous avons observé, ce n’est pas un strict service de substitution : les maisons agissent en fonction de leurs besoins. Aux États-Unis, Hachette pour exemple l’avait adopté en complémentarité, avant de passer à une augmentation considérable de ces services de presse numériques. La substitution s’est opérée progressivement. »

 

Marketing, commercialisation, communication : outil complet

 

Pour l’éditeur, l’intérêt ne tourne pas strictement autour de cette économie, donc. « Les blogueurs ont la possibilité de laisser un feed-back sur leur lecture, le lien de leur chronique, des éléments essentiels pour communiquer sur l’ouvrage. Pour les libraires ou les bibliothécaires, cette fonction n’est pas primordiale : en revanche, ils peuvent apporter des retours sur leur sentiment, dire si le livre sera conseillé pour les achats, etc. » 

 

De la revue de presse au potentiel d’achat en somme. « Une maison peut proposer un ouvrage 4 à 6 mois avant sa parution, pour obtenir des retours sur son marketing – la couverture ou la présentation. Dans ce cas de figure, ces éléments peuvent être pris en compte pour la suite de la commercialisation, avec des modifications possibles. Si le livre est proposé quelques jours avant sa sortie en librairie, on se rapproche plus de la communication. »

 

Les fichiers mis en téléchargement seront alors en PDF, « parce que le format est plus rapidement disponible dans le cycle de fabrication », mais également en EPUB. Ce dernier format pourra d’ailleurs remplacer sans peine le premier. Les éléments de sécurisation sont à la volonté de l’éditeur, et, si le streaming n’est pas instauré, c’est avant tout pour que le fichier soit lisible par tout type d’appareil. 

 

Pour le lancement en France, le groupe Hachette Livre et Allary Editions sont les premiers éditeurs à avoir développer une offre sur cette plateforme.

 

De son côté, Feedbooks accompagne le projet, sans intervenir directement : la connaissance que l’opérateur peut avoir du marché français et des éditeurs, sont des apports essentiels. Il sera intéressant de suivre quelles passerelles pourraient venir avec l’application Aldiko, qui sortira prochainement en version iOS. À suivre, donc, avec attention.