Fin de Bilbary, pris entre le conflit Amazon/Hachette et les investisseurs

Nicolas Gary - 21.10.2014

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Les dommages collatéraux frappent toujours où personne ne les attend : le site Bilbary vient de faire les frais du litige qui oppose Amazon au reste du monde, dirait-on. Arrivé sur internet en 2011, cette plateforme innovante apporte des solutions pour la vente et la location de livres numériques. Mais ce 15 octobre, la société a annoncé sa liquidation définitive. 

 

 

 

Après deux salves d'investissements de, respectivement, 400 et 800.000 £, les actionnaires avaient encore ajouté 750.000 £ pour assurer un fonctionnement correct de l'ensemble. L'idée porteuse du projet et l'espoir de faire des ventes devaient couvrir les coûts engendrés par le financement. Or, en dépit des réductions de frais, comme le départ des bureaux de Londres et ceux du Luxembourg – tout était prévu pour profiter des avantages fiscaux du pays. 

 

Mais plutôt que de reconnaître Bilbary comme une fausse bonne idée, le rapport de Portland Business Support and Financial Solutions montre que la société a fait les frais... du conflit entre Amazon et Hachette Book Group. Certes, la firme fait état de « lacunes fondamentales dans la compréhension du marché par la société », autant que des ardeurs de la concurrence, dans un secteur particulièrement conscrit.

 

Sauf que Tim Coates, ancien responsable des libraires Waterstone a une autre lecture. « Le conflit entre Amazon et les éditeurs sur le prix des ebooks a rendu les investissements impossibles. Nous sommes dans une situation où les investisseurs sont terrifiés à l'idée de risquer une nouvelle aventure parce que personne ne sait ce que la tarification sera demain. »  

 

Et bien entendu, dans ce genre de cas de figure, c'est celui qui a l'argent qui dirige. L'absence de modèle économique solide fait que Bilbary aura été pris dans un tir croisé entre les mouvements d'humeur d'Amazon et les positions des éditeurs. 

 

Sauf que d'autres acteurs sont parvenus à se faire racheter dans les temps, par exemple le moteur de recommandation Booklamp qui est allé rejoindre Apple, ou encore Readmill, venu consolider les activités de Dropbox. Et ces entreprises avaient probablement les fonds, mais surtout une certaine confiance dans les projets portés. 

 

L'idée que Bilbary se soit éteint du fait d'une mauvaise gestion semble assez logique. En France, on avait bien eu droit à 1001libraires...