Fin de l'accord entre Google et Hachette sur la numérisation des livres

Julien Helmlinger - 14.10.2016

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En 2010 Hachette était le premier éditeur à signer avec Google dans un contexte tendu entre géant du web et monde du livre. Annoncé à l’origine comme historique, le contrat pour la numérisation passé entre Google et Hachette fait désormais partie de l’histoire ancienne. La société de Mountain View a décidé de ne pas le renouveler lors de l’arrivée à son terme cet été.

 

Accord numérisation Google Books - Hachette Livre

Arnaud Nourry PDG de Hachette Livre - CC by SA 2.0 par ActuaLitté

 

 

 

 

L’accord fut signé le 16 novembre 2010 par le vice-président senior de Google David Drummond et Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre. Il devait permettre aux deux acteurs d’envisager un terme à leur conflit juridique, en favorisant en bonne intelligence la numérisation des œuvres épuisées du catalogue de la maison. Ces titres qui ne sont plus commercialement disponibles, mais toujours sous copyright.

 

Il devait initialement porter entre 40.000 et 50.000 publications françaises, mais finalement ne serait pas assez juteux. Ce revirement, Hachette ne l’appelle visiblement pas de ses vœux. « Nous allons observer si Google s’est remis à scanner nos livres sans autorisation. Et nous tirerons les conséquences qui s’imposent », confie ainsi Arnaud Nourry au cours d’un entretien accordé à la rédaction des Échos.

 

Le PDG s’inquiète donc de savoir si l’un des engagements pris par Google en 2010, celui de ne plus numériser de livres sans, au préalable, avoir l’approbation de l’éditeur concerné, sera toujours respecté. Depuis 2004 le géant du web avait mis en ligne des titres protégés sans rétribuer leurs ayants droit, ce qui avait provoqué courant 2006 une procédure de la part du Syndicat national de l’édition (SNE).

 

Du côté de chez Google, on explique cette décision en arguant que Hachette imposait des critères de qualité, alors que la matière première à disposition, des vieux livres, était parfois en piteux état. « Finalement, seule une petite proportion pouvait être mise en ligne et monétisée ». Le ton se veut toutefois pacifique, Hachette devrait rester « un partenaire important et très actif sur Google Play ».

 

L’accord n’avait pas que des défenseurs en 2010. Le Syndicat de la librairie française appelait à la vigilance voire à se recentrer sur la chaîne du livre, suggérant notamment d’autres solutions, comme la réimpression à la demande de ces œuvres par les librairies. Avaient également émis des réserves l’Union des écrivains, la Société des gens de lettres et le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.

 

 

(via LesEchos)