Fin des DRM chez Sony et Universal, Albanel emballée

Clément Solym - 17.01.2009

Lecture numérique - Acteurs numériques - DRM - Sony - Universal


C'est une suite logique dans la procédure actuelle, et qui donne surtout au gouvernement plus d'atouts pour défendre son projet liberticide anciennement Hadopi et nouvellement Création & Internet, qui légiférera sur le piratage en coupant la ligne internet soupçonnée d'illégalité. Et après la retentissante annonce de Fnac et VirginMega, de mettre a disposition un catalogue Warner sans DRM, c'est donc Universal et Sony qui ont décidé de « de retirer immédiatement les verrous numériques de leurs catalogues ».

Création & Internet en bonne voie

Une action bien évidemment saluée par la ministre de la Culture, pour qui l'aubaine est grande et qui a les mêmes paroles réconfortantes que ceux employés pour féliciter Warrner de cet abandon. Car il s'agit de bien montrer au grand public que d'une part les majors sont coopératives, mais qu'en face, côté politique, on prend en main la sécurité de leurs intérêts.

Cette « nouvelle démonstration de l'esprit d'ouverture et de responsabilité des industries musicales » permettra donc de donner une autre légitimité à la loi Création & Internet sur le piratage qui va être prochainement votée à l'Assemblée nationale, normalement au cours du premier trimestre et que Nicolas Sarkozy souhaite voir adoptée « aussi vite que possible ». En trois grands points on rappellera que cette loi prévoit donc :
  • la coupure de la ligne du titulaire confondu
  • une peine de 3 ans de prison et 300.000 € d'amendes, conformément au Code pénal, tel qu'il est aujourd'hui présenté
  • des dommages-intérêts selon le bon vouloir des ayants droit.
Les livres électroniques, un marché inintéressant ?

Et dans tout ça, la question se (re)posera de savoir ce qu'il en est de la présence de verrous dans les livres électroniques. Saluer leur abandon pour les catalogues de musique est donc tout à fait dans l'air du temps, et offre une justification complète au projet Création & Internet : il faut bien défendre les pauvres majors dont les fichiers désormais sans protection sont à la merci des méchants pirates.

Certes. Mais les éditeurs qui ont décidé d'insérer des DRM dans leurs ebooks ? Un marché économiquement moins important ? Des acteurs dont le poids est moindre ? Des questions que l'on se posera plus tard ? Car le téléchargement illégal d'un livre électronique tombera également sous le coup de Création & Internet. Alors ?

Pour le moment silence...