Fleur Pellerin ouvre une société pour connecter France et Corée

Cécile Mazin - 22.08.2016

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L’ancienne ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a posé une démission en bonne et due forme, pour quitter le secteur public. C’est vers les nouvelles technologies, et dans le monde de l’entreprise qu’elle va se lancer, avec pour objectif de faire le lien entre France et Corée. Et plus spécifiquement, viser les investissements que le pays pourrait opérer dans l’Hexagone.

 

Audrey Azoulay et Fleur Pellerin - Passation de pouvoir

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Même rue de Valois, Fleur Pellerin n’avait jamais caché ses ambitions concernant le secteur privé. En démissionnant de la fonction publique, l’ancienne ministre quitte donc la Cour des comptes, qu’elle ne pourra pas réintégrer par la suite. Selon les informations du JDD, la Haute autorité pour la transparence de la vie politique aurait d’ailleurs rendu un avis favorable à sa décision.

 

La société que Fleur Pellerin a montée pour mener à bien son projet de coopération entre les deux pays se nomme Korelya. Le site internet n’existe pas encore, mais le nom de domaine est bien réservé au nom de Fleur Pellerin.

 

Rappelons que des accords de coopération ont été signés, et que l’on vit actuellement l’Année de la Corée en France, encore en vigueur jusqu’à la fin août. Les calendriers sont donc respectés avec cette annonce. Cette célébration a été « organisée pour célébrer le 130e anniversaire des relations bilatérales, qui doit être l’occasion de donner une nouvelle impulsion à notre coopération ». 

 

Elle s’accompagnait également d’une coopération culturelle, pour « mettre l’accent sur les nouveaux talents et les aspects les moins connus de la culture française ». 

 

L’ancienne ministre évoque par ailleurs, dans un courrier adressé au président de la République « le prix de sa tranquillité », considérant que sa démission permettra à la collectivité de ne pas avoir à endurer de charge. Un souci « d’éthique », souligne-t-elle, dans son courrier, dévoilé sur Facebook et que nous reproduisons ci-dessous. 

 

 

Fleur Pellerin
Ancienne Ministre
Conseillère référendaire
Cour des comptes, 4ème Chambre

Paris, le 9 juin 2016

Monsieur le Président de la République,

Après quinze ans d’engagement dans l’administration, je souhaite renoncer au bénéfice du statut de la fonction publique afin de mener un projet de création d’entreprise.

J’ai bien conscience que cette nouvelle orientation professionnelle pourrait se concilier avec une position de disponibilité, qui m’assurerait, au moins pendant huit ans, de pouvoir retrouver mes fonctions à la Cour des comptes à tout moment.

Mais j’aborde mes activités à venir dans un état d’esprit marqué par un engagement total, comme cela a d’ailleurs toujours été le cas dans les précédentes étapes de ma carrière administrative et politique, et la force de cet engagement me semble incompatible avec le choix du confort, de la précaution et de la minimisation du risque dont un maintien en disponibilité serait, à mes yeux, synonyme.

J’ai par ailleurs, sans doute par déformation professionnelle, toujours eu le souci et le respect des deniers publics et, à cette charnière de ma vie, j’aime à penser que je ne fais pas supporter à la collectivité le prix de ma tranquillité dans une aventure entrepreneuriale qui est avant tout un choix et un défi personnels.

C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous informer, Monsieur le Président de la République, que je renonce définitivement aux fonctions de magistrate que j’occupe depuis janvier 2000 à la Cour des comptes.

Je vous prie de bien vouloir, en tant qu’autorité de nomination des magistrats de la Cour des comptes, accepter ma démission à compter du 15 août 2016 et faire procéder à cette date à ma radiation des cadres de la fonction publique de l’Etat.

J’adresse aux mêmes fins un courrier au Premier Président ainsi qu’au secrétaire général de la Cour des comptes qui, à votre demande, pourra faire établir l’état de mes services.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Fleur Pellerin