Fleur Pellerin veut un clavier français, pour public AZERTY

Nicolas Gary - 19.01.2016

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Si le ministère de la Culture s’intéresse aux claviers, c’est pour proposer une modification de leur modèle. Le principe du AZERTY, dérivé du clavier américain, QWERTY ne conviendrait pas vraiment au français. Loin du projet Bepo, qui envisage de revisiter totalement la disposition des lettres, la rue de Valois chercherait plutôt à apporter des corrections. 

 

Work got you down?  Do you  need some space?

Jon, CC BY ND 2.0

 

 

Dans une communication du 15 janvier, le MCC présente l’exemple typique du clavier défectueux, avec une petite image. 

 

 

Notant qu’il existe une diversité de claviers que commercialisent les fabricants, « certaines touches ne sont pas disposées au même endroit, ou alors, elles ne sont pas disponibles ». Plus simplement, des difficultés dactylos sont rencontrées, et le MCC de citer plusieurs des problématiques qui se posent. 

 

« Un clavier normalisé pour les usagers résidant en France devrait idéalement répondre à tous leurs besoins. Il paraît indispensable que ce clavier permette l’utilisation aisée non seulement du français, mais aussi des différentes langues présentes sur notre territoire, que ce soit des langues régionales ou des langues étrangères, étant donné que ces langues comportent des spécificités qui devraient être prises en compte. »

 

L’AFNOR sera responsable en qualité d’organisme de normalisation, d’un projet normatif, pour fournit une norme française qui réponde aux besoins. Dans tous les cas, l’urgence est là : il est « presque impossible d’écrire en français correctement avec un clavier commercialisé en France ». 

 

L’organisation qui prêche pour un nouveau modèle de clavier depuis novembre 2015 souhaite porter un exemple de normalisation à l’été 2016. Philippe Magnabosco, chef de projet AFNOR. « L’objectif est de donner de nouvelles possibilités, respectueuses des particularismes d’écriture, pour répondre aux besoins du marché ». Les innombrables astuces d’utilisateurs partagées sur Internet et compensations offertes par les correcteurs automatiques seraient insuffisantes : « ce sont des palliatifs insatisfaisants, notamment parce qu’ils impliquent que tous les utilisateurs aient accès aux informations ou disposent de ces logiciels… »

 

En attendant, il existe donc le Bépo, un clavier « francophone, ergonomique et libre ». Ce dernier a remanié la disposition des touches à partir d’une étude statistique des usages de lettres dans la langue. « Les lettres les plus fréquentes sont placées sur la rangée de repos, ce qui permet de limiter les efforts et donc la fatigue musculaire. La frappe devient plus confortable, ce qui réduit les risques de troubles musculosquelettiques. »

 

clavier-bepo-ministere-culture

 

 

« En azerty, seulement 23 % des caractères d’un texte français sont accessibles dans la rangée du milieu, la rangée où se placent les mains au repos. En bépo, ce chiffre passe à près de 70 %! Cela signifie qu’avec un clavier bépo, vous bougez à peine les doigts! »

 

On retrouvera de plus amples informations à cette adresse, et ci-dessous, la communication du ministère de la Culture. Il est vrai que depuis 1874 et l’invention de la première machine à écrire par Christopher Sholes, les choses ont tout de même beaucoup bougées.