Fnac rachète la moitié de izneo, libraire et distributeur de BD numérique

Clément Solym - 28.01.2016

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La société izneo comptera désormais un nouvel actionnaire, en la personne de Fnac : la société, décidée à déployer une offre numérique pour ses clients est entrée au capital de la plateforme de distribution izneo, aux côtés des éditeurs fondateurs. Fnac prendra 50 % du capital, se retrouvant à parité avec Ankama, Bamboo, Bayard, Casterman, Dargaud, Dupuis, Gallimard, Jungle et Le Lombard.

 

 

 

Ce ne sera donc pas un rachat, comme les bruits de couloirs le laissaient entendre, mais, en tout cas pour le moment, une prise de capital. Créé en 2010, izneo compte aujourd’hui un catalogue de 14.000 titres, distribué sur de nombreuses librairies, ainsi que les bibliothèques publiques. La société se positionne également comme libraire, avec les catalogues de plus de 50 éditeurs.

 

Fnac dispose aujourd’hui d’une offre numérique double, tout à la fois à travers le catalogue ebook et son partenariat avec Kobo. L'offre izneo est déjà présente sur Fnac.com, mais l’investissement dans la librairie consolidera l'implication de la Fnac dans le monde de l’édition, avec une plus grande implication dans l’offre culturelle numérique. La société affirme aussi « accélérer le développement numérique dans un genre littéraire très spécifique, dont les modèles éditoriaux et techniques sont différents de ceux de la littérature générale ». 

 

La participation au capital de izneo entraîne également la nomination de Luc Bourcier au poste de directeur général. La société a développé une offre en néerlandais et en anglais.

 

« Premier distributeur de bandes dessinées en France, la Fnac a toujours été un partenaire historique des auteurs et des éditeurs, multipliant les initiatives telles que le Prix de la BD Fnac, et les rencontres avec les auteurs dans nos magasins. Avec ce partenariat, nous confortons nos liens avec des acteurs essentiels du marché du livre avec lesquels nous partageons la même vision et les mêmes intérêts de long terme.

 

Nous sommes convaincus que l’accès à notre formidable clientèle fan de BD, la puissance de notre site Web et de nos magasins, notre expertise technique et commerciale seront des points d’appuis fondamentaux pour accélérer le développement d’Izneo », a déclaré Coralie Piton, Directrice de la Stratégie et Directrice du Livre de la Fnac. 

 

« Avec son catalogue de 14 000 titres (BD, mangas, comics, magazines...) qui s’enrichit de centaines de nouveaux titres chaque mois, plus de 6 millions d’albums feuilletés depuis son lancement, une offre commerciale variée et évolutive, un outil de lecture et des applications propres adaptés à tous les supports, Izneo a créé l’offre éditoriale et commerciale la plus complète et exhaustive du marché.

 

La FNAC est de longue date un client et un partenaire clé des éditeurs BD. Son arrivée au capital d’Izneo devrait lui permettre de bénéficier de l’expérience d’Izneo et de sa position de leader sur ce marché de la bande dessinée numérique. Parallèlement le renforcement des moyens financiers et techniques d’Izneo devrait permettre le développement du trafic, des ventes et la création de nouveaux services », a commenté Claude de Saint Vincent, Président d’Izneo. 

 

Rappelons que izneo a monté une offre d’abonnement pour 9,90 € mensuel, en lecture illimitée. Cette offre a exclu tous les éditeurs BD qui ne ne faisaient pas partie du groupe Média-participations (Dargaud, Dupuis, Kana, Lombard). La loi interdisant l’ombre multi-éditeurs, seules les maisons du groupe pouvaient mettre en place cette offre. 

 

Coralie Piton, directrice de la stratégie et du livre Fnac, avait assuré ne pas voir l’intérêt stratégique d’une pareille offre. « Nous avons observé qu’un bon lecteur lit en moyenne un livre par mois, ce qui lui coûte en moyenne 10 € par mois : nous ne voyons pas trop l’intérêt de proposer un abonnement illimité alors que l’achat sur la plateforme créée avec Kobo en 2011 fonctionne très bien », expliquait-elle. 

 

L’investissement dans izneo pourrait faire évoluer les réflexions autour de ce modèle.