Foin de son mépris pour l'ebook, Pamuk écrirait presque sur Twitter

Clément Solym - 12.09.2011

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L'écrivain Oran Pamuk était parti ce week-end en goguette à l'université Harvard Norton, pour la présentation de son dernier livre. Et dans le cadre d'une série de conférences, il a pu prendre la parole pour expliquer tout d'abord combien il était nerveux.

C'est qu'avant lui, se sont succédés Umberto Eco, Calvino, Borges et d'autres. Un Calvino qui est d'ailleurs décédé après sa sixième conférence dans l'université. Pamuk timide et en retrait, comme à son habitude, mais qui explique qu'avec le temps, la télévision et les interviews, il a appris à mieux faire.

Aujourd'hui, le romancier a vendu quelque 11 millions d'exemplaires, avec des ouvrages traduits dans 60 langues.

Mais il entretient toujours, et plus que jamais, son projet d'un Musée de l'innocence, qu'il ouvrira, précise-t-il, quand il trouvera cela opportun. Le projet fait évidemment suite au roman du même nom, paru en avril dernier en France.

La technologie, d'abord, on la hait

Et c'est d'ailleurs en toute innocence que Pamuk revient dans une interview sur ses relations avec le livre numérique.

C'est qu'il s'est montré, et il l'avoue naturellement, assez méprisant avec cette nouvelle technologie. « Quand une nouvelle technologie se développe », explique-t-il, « les gens ont pour premier réflexe de répondre par une attitude conservatrice ou méprisante, et c'est ainsi que j'ai réagi ».

Défenseur jadis du bruit et de l'odeur du livre, il considère désormais d'un tout autre oeil les avantages à disposer d'un tel outil pour ses voyages. D'autant plus, se rend-il compte, que les personnes à travers le monde lisent aussi ses livres sur de tels supports.

Et peut-être même, un jour prochain, se lancera-t-il sur Twitter, pour écrire. Pourquoi pas, finalement ? Twitter a quelque chose de la rédaction du haïku, dans son mode même d'existence. Alors, oui, pourquoi pas ?