Forfaits ou prix libres, le livre réévalué par l'ebook

Clément Solym - 14.11.2012

Lecture numérique - Usages - forfaits Spotify - prix libres - Humble Bundle


Le cabinet de conseil Oliver & Ohlbaum s'est penché sur les nouveaux modèles économiques de la culture et du divertissement, avec les forfaits mensuels, autorisant un accès plus ou moins limité à un catalogue, façon Spotify pour la musique. Le sondage, réalisé auprès de 1461 Britanniques, « révèle » que les lecteurs cherchent le moins cher, ce qui pourrait profiter aux éditeurs de taille modeste.

 


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stevendepolo, CC BY 2.0

 

 

Une vaste majorité des interrogés (61 %) se déclare prête à payer 5 £ (environ 6 €) pour un forfait mensuel autorisant l'accès à un catalogue de livres numérique, sans que des limitations ne soient précisées. 5 £, c'est ce qu'il faut payer en Grande-Bretagne pour bénéficier du service musical Spotify, en acceptant toutefois la diffusion régulière de publicités entre les titres. En France, le tarif minimum plafonne à 4,99 €, sans publicité, et monte jusqu'à 9,99 € pour un service complet.

 

La limite psychologique semble se situer à la dizaine, quelle que soit la devise : ils sont 33 % à déclarer vouloir (pouvoir ?) payer ce montant, tandis que les 6 derniers % se risquent jusqu'aux 20 £. Des prix assez faibles, donc, mais qui pourraient assurer à des éditeurs aux publics restreints une visibilité de taille, et quelques revenus annexes, mais non négligeables. 

 

« Nous travaillons avec les éditeurs depuis une dizaine d'années, avec près de 300 maisons d'édition, françaises, américaines, anglaises ou espagnoles » nous explique François Lascaux, cofondateur de la plateforme Smartlibris, qui propose elle aussi un modèle à 9,99 € mensuels pour un accès illimité.

 

Le cloud dans la stratosphère

 

Les catalogues des différentes maisons d'édition sont construits « à partir de leurs suggestions, mais dépendent des droits numériques que les éditeurs ont obtenus de leurs auteurs », précise-t-il, en soulignant que l'offre s'adapte aux différents types d'utilisateurs, plutôt que l'inverse. Smartlibris a séduit les éditeurs indépendants, qui y voient une alternative « aux ouvrages mal traités par la distribution traditionnelle » et « à l'achat à la pièce, qui pose beaucoup de souci ».

 

Sûr que par rapport aux DRM et autres systèmes propriétaires, la mise à disposition d'un catalogue considérable, et surtout interopérable, fait des merveilles. D'autant plus que François Lascaux nous assure n'avoir jamais eu à faire face au retrait d'un titre de la plateforme : « Les éditeurs ne sont pas frileux », explique-t-il. Le cloud fonctionne si bien que Smartlibris proposera dès l'année prochaine la lecture hors connexion, sans téléchargement.

 

Parmi les clients les plus intéressés, on trouve bon nombre d'institutions, des écoles de commerce aux bibliothèques municipales, en passant par les universités et autres lycées, chacun disposant d'une tarification à la hauteur de ses besoins. L'objectif de Smartlibris se trouve d'ailleurs dans « la création de bibliothèques thématiques », comme celle destinée au secteur bancaire, constituée avec l'aide de l'Association Française des Banques (AFB).

 

Les lecteurs aussi se montrent généralement reconnaissants de ce type d'offre, aux atours plus souples qu'une simple vente au détail : en 2 semaines, le projet Humble Bundle Ebook a collecté 1,1 million $ avec près de 80.000 ebooks vendus, malgré (ou plutôt grâce à) un prix laissé au bon vouloir des visiteurs du site. (voir notre actualitté)

 

Et sinon, embarquer avec les pirates reste possible...