Fronde fiscale contre Amazon : les libraires prennent les choses en main

- 05.03.2013

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S'attaquer au poids lourd du secteur avec le seul moyen possible : la pression collective et citoyenne. Frances et Keith Smith, libraires indépendants du Warwickshire sont les auteurs d'une pétition dont le but est d'inciter Amazon à payer des taxes pour ses recettes sur le sol britannique. Une action que d'aucuns jugeraient ridicule si le couple n'annonçait pas hier franchir sous peu les 100.000 signataires. Soit le seuil requis pour un examen de la proposition par le Premier ministre.

 

 

L'enjeu est colossal puisque pour la seule année 2011, la firme de Jeff Bezos a déclaré 2.91 milliards de revenus au Royaume-Uni. Mais pour l'heure, l'exemption de taxe domine. Dans ces conditions, pousser Amazon à mettre la main au portefeuille semble « raisonnable », a estimé le couple porteur du projet. Un ras-le-bol civique mâtiné de détresse face au déséquilibre du quasi monopole. «  Comme la plupart des autres libraires indépendants, Beyond Words [librairie en ligne des Smith, ndlr] a été profondément impacté par la domination grandissante d'Amazon ».

 

Seulement voilà, le combat des Smith ne semble pas aller dans le sens des dernières déclarations de David Cameron. Il y a deux semaines, le chef de l'exécutif avait exprimé son désaccord sur un changement juridique, qualifiant la chose de « difficile ». En voyage à Bombay, le chef du gouvernement avait été jusqu'à déclarer qu'il « ne le souhait [ait] pas ». A lire en filigrane, le refus d'appliquer l'impôt sur les sociétés à partir des revenus globaux plutôt que sur les seuls revenus sur le sol britannique.

 

Campagne de haut niveau

 

Mais dans ce bras de fer, plutôt mal parti, les Smith peuvent compter sur quelques parlementaires. Et notamment s'appuyer sur la voix de Margaret Hodge, députée travailliste à la chambre des Communes en charge du comité des comptes publics. L'élue a déjà par le passé étrillé lors d'une audition publique Andrew Cecil, porte-voix d'Amazon, l'accusant de jouer aux imbéciles.

 

Un soutien de taille, donc. Selon Bookseller, Hodge a fait savoir qu'elle ferait pencher dans la balance son aura médiatique en coordonnant avec le couple de libraires une « campagne publicitaire de haut niveau » au moment de la remise de la pétition à Cameron. Et peut-être faire fléchir le géant de la librairie comme Starbucks avant lui. Fin 2012, la société américaine avait renoncé à l'exemption fiscale et s'était engagé à payer près de 20 millions de livres supplémentaires.

 

Ci-dessous, l'intervention musclée et politique, réclamant une mise aux normes pour les sociétés américaines.