Fusion des groupes éditoriaux, pour maîtriser l'écosystème numérique

Clément Solym - 15.11.2012

Lecture numérique - Usages - lecture numérique - acteurs de l'édition - maîtrise du cloud


Avec la fusion prochaine des sociétés Random House et Penguin, c'est l'innovation technologique qui est mise en avant. Un rapprochement nécessaire, selon les structures, pour assurer la rentabilité future des livres numériques. Avec un seul couac, note le Financial Times, la domination d'Amazon dans le secteur de la commercialisation. 

 

 

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Andrew Mason, (CC BY 2.0)

 

 

Les deux acteurs ont pourtant pour projet de devenir plus puissants dans les négociations avec les gros libraires en ligne, en fusionnant leurs savoir-faire - tout en diminuant les coûts. Aux États-Unis, Amazon détiendrait 25 % des parts de marché sur le livre papier, mais 60 % sur le numérique. Une récente étude montrait que 55 % des outils de lectures numériques sur le territoire relevaient de la famille Kindle. Mais outre-Manche, la situation serait plus délicate encore, avec 90 % des ventes numériques réalisées chez Amazon. 

 

La fusion des groupes éditoriaux, sous le nom Penguin Random House serait alors l'opportunité nécessaire pour que les négociations avec les détaillants soient plus efficaces. Mais est-ce si vrai ? S'il faut encore attendre l'avis de l'autorité de la concurrence, qui seule pourra valider le projet de rapprochement, plusieurs vagues d'inquiétudes venant des autres grands éditeurs américains, autant que des agents et des auteurs se font entendre. 

 

Sans parler des craintes que les éditeurs indépendants ont du mal à faire entendre. 

 

En France, l'approche du salon L'Autre livre, réunissant les éditeurs indépendants, donne l'occasion de prendre la parole. L'association Défense des Métiers du livre avance même un discours alarmiste

Comment imaginer, comment prétendre sérieusement que l'on va parvenir à ramener le public aux livres et à la fréquentation des librairies (et des bibliothèques) en légitimant ce qui les en éloigne, en développant les ventes par Internet ou, pire encore, les ventes de téléchargement de fichiers numériques ?

 

Gérard Cherbonnier, président de l'Association des éditeurs indépendants frappe plus fort encore

Mais nous, éditeurs indépendants présents aux Blancs Manteaux du 16 au 18 novembre, nous ne pouvons nous résoudre à une démocratisation de la culture qui se fait par le bas avec un appauvrissement et une uniformisation des idées, voire des cerveaux, par le flux d'informations numériques et de simples clics sous le contrôle de firmes internationales.

 

Des préoccupations partagées, évidemment, chez les indépendants étatsuniens. Selon les dernières données de l'Association of American Publishers, l'augmentation des ventes d'ebooks a dépassé les 50 % pour cette année, et elles représentent désormais 28 % des ventes de romans adultes et non-fiction. Pour le cabinet PwC, l'ebook représentera la moitié des ventes de livres en 2016, et le déploiement du libraire Barnes & Noble, qui vend désormais sa gamme d'appareils de lecture numérique en Angleterre, ne fait que conforter la tendance.

 

Pourtant, les appareils ne sont plus les vedettes : en juin dernier, la chaîne de supermarchés britanniques Sainsbury prenait une participation majoritaire chez aNobii, un revendeur d'ebooks. Début septembre, Tesco achetait Mobcast, au catalogue de 130.000 ebooks, spécialisé dans la gestion des fichiers dans le cloud. Car aujourd'hui, contrôler l'espace de stockage dans le nuage est plus important que de posséder les appareils.

 

C'est sur ce principe que Google Books et depuis Google Play, avec sa librairie, a fondé tout son fonctionnement : accéder à un fichier numérique depuis n'importe quel appareil. Amazon, pour sa part, a préféré créer les outils nécessaires pour que depuis tout appareil, on se retrouve dans l'écosystème Amazon. Une autre manière, propriétaire et bien verrouillée, de maîtriser l'écosystème cloud, qui laisse peu de place aux autres acteurs...

 




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