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Goodreads/Amazon, un duo plus ou moins inquiétant

Antoine Oury - 03.04.2013

Lecture numérique - Usages - réseaux sociaux - lecture sociale - library thing


Si le rachat du réseau social Goodreads par Amazon a pu paraître réjouissant seulement pour les deux intéressés, les commentaires se font désormais plus apaisés, peut-être même plus optimistes. Ainsi, Library Thing, un des concurrents de Goodreads, y voit ainsi un moyen de tirer son épingle du jeu en se positionnant comme le nouvel indé du secteur, tandis que Goodreads risque seulement de sortir affaibli de cette alliance.

 

 

Reading a book

Ed Yourdon, CC BY-SA 2.0

 

 

Tout marché passé avec Amazon serait-il voué à l'échec ? Si les effets du rachat de Goodreads ne peuvent pas encore être analysés, on sait que l'alliance du libraire Waterstones avec le géant du e-commerce n'a pas vraiment porté ses fruits. Ou, en tout cas, que ces derniers ne sont pas aussi goûteux et juteux que prévu...

 

« Goodreads était totalement indépendant... Cela en faisait un allié naturel pour les gens qui veulent éviter la concentration dans l'industrie, en particulier les éditeurs », explique Tim Spalding, créateur de Library Thing, qui se déclare personnellement inquiet de l'importance grandissante d'Amazon. Mais peut s'estimer heureux du coup de pub que lui offre la société en rachetant son concurrent.

 

Si Goodreads disposera de moyens conséquents, Library Thing, lui, bénéficiera de la patine de l'indépendance. Même si Amazon y possède également quelques actions, par le biais du rachat d'Abebooks en 2008, un des cofondateurs de Library Thing. S'il est peu probable que Kobo ou Barnes & Noble se paient à leur tour un réseau social existant, les autres acteurs du milieu devraient voir leur partenariats commerciaux se multiplier.

 

Quant aux éditeurs, ils devraient se tourner vers une solution dédiée, à l'instar de Hachette, Penguin, et Simon & Schuster, qui gèrent le réseau social Bookish. Mais aussi, malgré le rachat de Goodreads et la concentration des pouvoirs, continuer à dialoguer avec Amazon, énorme vendeur de livres dont il est difficile de se séparer.

 

À plus, API !

 

Brian Ford, créateur du site de location de KF8 Lendle, reconnaît ce point : grâce à Amazon, à son service nec plus ultra, Goodreads va probablement gagner en confort d'utilisation. Mais perd une autonomie qui pourrait bien ne plus jamais retrouver. En 2012, le site annonçait qu'il se séparait de l'API [interface de programmation] d'Amazon, parce que les conditions d'utilisation de celle-ci devenaient trop restrictives. 

 

Grâce à ses utilisateurs, Goodreads a alors pu développer sa propre API, avec ses propres données : tout utilisateur était par ailleurs libre de le réutiliser, pour créer un site ou une application tierce. Une ouverture qui ne fait pas vraiment partie des habitudes d'Amazon, loin de là : tout site contrevenant aux règles d'utilisation de son API propriétaire court le risque de s'en voir privé, une des raisons qui ont poussé Brian Ford à revendre Lendle.

 

Pour les auteurs et les lecteurs, une bonne nouvelle ?

 

On le sait, Amazon développe sa relation avec les auteurs via son service d'autoédition, le taux de royalties de ce dernier, ou encore l'intégration à la bibliothèque de prêt Kindle, véritable mine à lecteurs. « Tout comme AmazonEncore, la première maison d'édition d'Amazon, AmazonCrossing, utilise les retours des utilisateurs et d'autres données des sites Amazon pour identifier les oeuvres exceptionnelles qui méritent une audience bien plus large », explique AmazonCrossing.

 

Il est donc probable que les auteurs dotés d'un lectorat fidèle sur la Toile se retrouveront vite à l'étape suivante, l'édition. Par Amazon, certes, mais l'édition tout de même.

 

Pour les lecteurs, outre l'usage de leurs données, le rachat de Goodreads ne devrait pas changer grand-chose : Spalding, créateur de Library Thing, prédit que le développement de son concurrent sera plus lent avec son entrée dans l'univers Amazon. Quant aux usages, ils se font très bien à l'idée de posséder plusieurs comptes, sur plusieurs réseaux sociaux.

 

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