Goodreads, site d'intérêt général contre l'isolement littéraire

Antoine Oury - 14.02.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Goodreads - lecture numérique - autoédition


Sur ActuaLitté, on évoque la plateforme d'autoédition Goodreads régulièrement, en tant que promoteur des textes d'auteurs connus et moins connus, qui choisissent Internet comme maison d'édition. Depuis sa création en 2007, le site a accumulé les utilisateurs, créant un réseau parallèle aux best-sellers d'Amazon. Et rassemble désormais plus de 10 millions d'utilisateurs.

 


 

 

Un chiffre suffisamment impressionnant pour attirer l'attention du prestigieux New York Times, lequel honore le réseau social d'un article conséquent signé Leslie Kaufman. La journaliste choisit d'évoquer le quotidien de Lori Hettler, lectrice lambda mais quelque peu perdue au milieu des Appalaches : après avoir essayé de monter un club de lecture pour s'éviter les 40 minutes de métro nécessaires jusqu'à la première librairie, Madame se connecte désormais à Goodreads pour assouvir sa soif de mots.

 

Le site est depuis longtemps connu des éditeurs, qui scrutent, oscillant entre angoisse de l'obsolescence et recherche de la prochaine E.L. James, les statistiques de lecture : « Les gens leur font confiance parce qu'ils sont financés par souscription et parce que les membres sont des passionnés. Impossible de se payer une critique à 5 étoiles ici », explique Amanda Close, chargée du développement numérique chez Random House. À croire que l'édition traditionnelle est, elle, gangrenée par la corruption...

 

Et, quitte à verser dans l'atmosphère sirupeuse de cette journée, autant parler du couple Elizabeth Khuri/Otis Chandler, qui s'est concrétisé peu après la création de Goodreads, projet commun. « Les livres font partie des objets les plus sociaux qui existent, donc énormément de personnes sont prêtes à en parler et à les partager » explique Chandler. L'équilibre économique du site est assuré par des espaces publicitaires vendus aux éditeurs, particulièrement ravis de bénéficier de cette manne de potentiels lecteurs.

 

Dès 2009, le site levait 2 millions $ de fonds, suffisamment pour se payer des bureaux à San Francisco et professionnaliser leur métier de passeurs d'histoires. Goodreads, good deal.