Google en première ligne pour poser des DRM sur l'HTML5

Antoine Oury - 03.04.2013

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Si le langage HTML5 recèle de possibilités et de nouvelles opportunités créatives, il est également voué à passer sous les fourches des DRM, ces verrous numériques appliqués à la plupart des contenus qui transitent sur le Web. Et, en la matière, c'est Google qui fait preuve d'un zèle particulier, avec moult techniciens qui planchent sur la question.

 

 


Le circuit du DRM

 

 

Cela fait plusieurs mois que Google travaille sur des verrous numériques adaptés à un environnement HTML5, entièrement basé sur une utilisation dans un navigateur, et la plupart du temps sans l'intervention d'un logiciel tiers. Via la société Widevine, la firme de Cupertino développe un verrou numérique multi-plateformes, qui s'adapte aux usages mobiles d'Internet ou aux appareils connectés (de la TV au lecteur BluRay).

 

Dans son Chrome OS, un moteur d'exploitation qui vise à n'utiliser que des applications Web, le développeur vient d'ajouter une section DRM pour HTML5 : musique ou vidéos en streaming, entre autres, seront bien protégés. Mais aussi les livres lus dans un environnement HTML5, ce qui sera probablement le cas pour toute l'architecture Chrome OS.

 

Le système de DRM (Digital Right Management, Gestion des contenus numériques) utilisé reste bien particulier : il se nomme EME, pour Encrypted Media Extensions, en somme des extensions de fichiers cryptées, qui nécessiteront des plug-ins pour être décodées, plutôt qu'un logiciel tiers pour être lus, du type Adobe Flash ou Microsoft Silverlight.

 

Un ingénieur de chez Google, Ian Hickson, n'a d'ailleurs pas fait de mystères sur le positionnement de la firme vis-à-vis des DRM : d'après lui, les DRM n'ont rien à voir avec une lutte contre le piratage, mais restreignent plutôt les prérogatives des magasins en ligne. « [I]ls sont forcés de fournir une expérience utilisateur qui accorde de l'importance aux revenus futurs, plutôt qu'à la seule expérience utilisateur », assure Hickson.

 

Et l'ingénieur d'ajouter, pour expliquer les effets néfastes du DRM sur la musique, que la raison profonde en est la non-protection des CD audio, particulièrement les plus anciens, qui auraient habitué les consommateurs à l'interopérabilité des fichiers extraits...

 

Et les mauvaises habitudes ont la peau dure ?