Guerre des formats : TOC croit aux miracles

Clément Solym - 06.02.2012

Lecture numérique - Usages - lecture numérique - Format - Amazon


Tools Of Change, voilà un nom qui en impose, mais pas autant que l'objectif que s'est fixée cette conférence lancée par l'éditeur irlandais O'Reilly : une réflexion sur l'avenir du livre numérique. Encore une, allez-vous répondre. Oui, mais celle-ci a de particulier qu'elle envisage l'ouverture d'Amazon. Et oui, vous avez bien compris, l'ouverture d'un système fait pour fonctionner en circuit fermé.

 

Tout d'abord, qu'il soit permis de rappeler ici qu'Amazon a son propre environnement, lecteur ebook, le Kindle et tablette, le Kindle Fire. Environnement dans lequel il ne rend disponibles que les livres provenant de sa propre librairie. Nous avons donc là le stéréotype d'un circuit fermé. Pourtant, le président du TOC, Joe Wikert, est optimiste, il reprend le parallèle entre livre et musique. Un parallèle qui ne doit rien au hasard puisqu'il a déjà été plusieurs fois abordé, notamment au sujet des DRM.

 

Représentation métaphorique libre d'un circuit fermé

 

Rappel historique. Avec le lancement de la musique numérique, Apple met au point au début des années 2000, le DRM sur la musique digitale. Ce système qui permettrait de réduire le piratage en rendant le fichier intransférable. Or, il s'est avéré inefficace dans sa lutte contre le piratage et fut abandonné dès 2007.

 

Et le parallèle ne s'arrête pas là. Tout comme le DRM musical, le DRM sur les livres numériques ne permet pas de lutter contre le piratage. Au contraire, il l'encouragerait selon une étude de l'université de Duke. Autre élément avancé par Joe Wikert « l'ironie de la situation est que certains des livres les plus piratés n'ont jamais été mis en vente comme ebooks ». De même, il juge : « que DRM peut être hacké facilement et qu'il ne peut donc éliminer le piratage ». En cause, une évolution démentielle de la technologie que les compagnies n'ont plus les moyens d'endiguer.

 

Méthode Coué, entre volontarisme et insouciance

 

Si ce n'est pas le DRM, ce sont les formats exclusifs fournis par les grands vendeurs qui cristallisent les tares de l'industrie naissante du livre numérique. L'exemple d'Amazon, et de Barnes & Noble aussi d'ailleurs, est criant. Les livres vendus par le géant de Seattle sont au format Kindle, ne peuvent être lus que par des Kindle et sont par conséquent intransférables. La même problématique existe également pour le Nook de Barnes & Noble.

 

Seulement, et c'est là que l'optimisme de Joe Wikert est le plus évident, il croit à un changement des mentalités et à une ouverture progressive du marché. « L'industrie musicale l'a fait, pourquoi pas nous ? ».