Hadopi : Après un livre lu gratuitement, 42 % d'acheteurs potentiels

Antoine Oury - 19.06.2014

Lecture numérique - Usages - Hadopi - dépenses culturelles - gratuité


Dans le cadre de ses missions, Hadopi, Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, réalise un travail de veille autour des pratiques de consommation culturelle des Français. Ce sont un peu plus de 2000 internautes qui ont été consultés, sur leur façon d'écouter de la musique, de regarder des films ou de lire des livres.

 

 

Book swapping

Le choix (世書 名付, CC BY 2.0)

 

 

En matière d'habitudes culturelles, les situations évoluent vite, et Hadopi entend donc maintenir son activité de veille, inscrite dans le Code de la Propriété Intellectuelle : l'« observation de l'utilisation licite et illicite des œuvres et des objets auxquels est attaché un droit d'auteur ou un droit voisin sur les réseaux de communications électroniques utilisés pour la fourniture de services de communication au public en ligne ».

 

2101 internautes ont été sollicités pour remplir un « carnet de consommation » pendant un mois, 2 fois par semaine, recensant leurs pratiques culturelles des 4 derniers jours. Ainsi, même si les résultats sont toujours sujets à caution, ils offrent une représentation assez fidèle de la façon dont les internautes accèdent à la culture.

 

 

En moyenne, les internautes français dépensent 80 € en un mois pour la culture, ou 95 € sur la seule base des consommateurs payants. Sans surprise, le podium reste le même, avec successivement le film, la musique et le livre, à 13 € par mois, soit 16 % du panier. Cette somme représente tous les types de support pour les biens culturels, mais une répartition plus précise note que les biens dématérialisés ne sont pas encore sollicités par les Français.

 

 

 

Bien entendu, les profils les plus cigales pour le livre, comme pour la plupart des biens culturels, sont les hauts revenus (+ de 3000 € par mois), études supérieures, et âgés entre 40 et 59 ans. Toutefois, mais sans réelle surprise, les biens dématérialisés bénéficient d'une affection particulière des plus jeunes.

 

 

 

Finalement, le livre semble être le contenu culturel le moins concerné par le gratuit : 12 % des internautes ont lu ou téléchargé des livres numériques, BD ou manga gratuitement, contre 55 % pour la musique, par exemple. Ils sont très majoritairement jeunes (15-24 ans), ont fait des études supérieures, sont actifs ou encore étudiants, et touchent généralement moins de 1500 € par mois...

 

 

Et il semblerait bien que la consommation illicite de livres reste très marginale, probablement parce que la lecture sur écran est encore une pratique peu répandue. Ils sont seulement 3 % d'internautes a consommer de l'écrit de manière illicite via des sites pirates, sur les 12 % de consommateurs à se tourner vers le gratuit pour leur lecture, bien loin des inquiétudes de l'industrie.

 

Par ailleurs, une des dernières infos de cette veille révèle que, sur les 12 % de consommateurs préférant le gratuit, près de la moitié (42 %) sont susceptibles d'acheter l'ouvrage, en physique ou en dématérialisé. Devant la musique, le film, les jeux vidéo... Autant dire que le monde du livre devrait considérer très sérieusement la lecture gratuite, qu'il s'agisse de l'oeuvre intégrale ou d'extraits.