Hadopi chez Facebook : une brillante idée de M. Bourg-Broc

Clément Solym - 26.08.2011

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« L'internet est un vrai far-west », nous rappelait Nicolas. « Même le nouveau Big Brother laisse le champ libre aux débordements », rajoute M. Bourg-Broc, un des députés UMP les moins présents à l'Assemblée Nationale.

 
Craignant manifestement que les services de sécurité soient débordés lors des prochaines émeutes banlieusardes, M. Bourg-Broc a soumis une question écrite au Ministre de la Culture dans laquelle il propose de donner à l'Hadopi un rôle de « prévention et de surveillance » des réseaux sociaux.
 


M. Bourg-Broc part de remarques de bon sens.

Il est tout d'abord manifeste que les réseaux sociaux sont des vecteurs de communication de plus en plus répandus, gratuits et largement accessibles.

Il est aussi certain qu'« ils sont détournés en outils de propagandes pour certains groupuscules » et que des jeunes déjà fragilisés peuvent croire les raisons (complot des élites, islamisation rampante, etc…) que ces groupuscules donnent à leurs soucis quotidiens.

Enfin il est avéré que les réseaux sociaux ont permis aux émeutiers anglais de s'organiser. « Certains conflits se finissent parfois dans la rue. »
 


Les réseaux sociaux devenant de plus en plus fréquentés, les petits crimes et délits augmentent sur ces plateformes. Facebook n'a assurément pas à jouer le rôle du gendarme. M. Bourg-Broc voudrait donc des patrouilles des réseaux sociaux comme il existe des patrouilles de proximité. Et de s'interroger pour savoir « si ce rôle de surveillance et de prévention peut être attribué à l'agence Hadopi ».

 
Cependant, on voudrait faire remarquer qu'à la différence des interactions dans la rue, les interactions dans les réseaux sociaux sont privées. À 300 ou 5000 personnes certes, et cela rend les associations entre individus plus fortes qu'à l'époque où il fallait rassembler tout le monde dans une pièce.


Le raccourci de M. Bourg-Broc est tentant. Mais pour le maintien des droits individuels, dont ceux du respect de la liberté d'expression et de la vie privée, c'est une mauvaise idée.
 

Or si la liberté de circulation de l'information permet certes les saccages britaniques, il n'est pas certain qu'elle en soit la réelle cause. En revanche, elle a vraiment permis aux peuples arabes de se révolter au cours du printemps dernier.

(Via PcInpact)