Hadopi convaincrait un tiers des internautes de ne plus pirater

Clément Solym - 24.01.2011

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 Le pirate français moyen tel que décrit par le rapport de l’Hadopi présente un étrange profil. D’ailleurs, 49 % des Français piratent des oeuvres, puisant dans la vaste bibliothèque d’oeuvres que représente internet.

Le portrait type est bien plus riche que ce que l’on pouvait imaginer. Le Figaro qui présente le document réalisé auprès de deux tranches de la population. Les 15 ans et plus, soit 67 % de la population et les 11 ans et plus, soit 70 % de la population.

On y apprend que pour 32 % des sondés, Hadopi représente l’organisme le mieux associé « à la régulation d’internet ». Et histoire de se faire mousser gentiment, on peut y apprendre : « L’Hadopi bénéficie d’une très forte notoriété assistée autour de la régulation d’Internet (68 %) au même niveau que d’autres organismes plus anciens. » La télévision serait paradoxalement l’endroit où les internautes ont le plus entendu parler de l’Hadopi...


Chose intéressante : manifestement Hadopi est plutôt bien perçu, puisqu’elle permettra de développer une offre légale sur internet, pour 48 % des utilisateurs et protégera la culture pour 47 %. Enfin, elle assurera une rémunération aux artistes pour 43 %. Du doux délire, quand on sait qu’Hadopi est avant tout répression...

Les internautes qui se sentent ciblés par Hadopi sont majoritairement les 15-24 ans, à 31 %. « On constate une perception positive des missions de l’Hadopi notamment chez les femmes qui estiment que l’Hadopi « est une bonne initiative » (49 % vs 41 % en moyenne) ou « est utile pour la protection de la culture » (55 % vs 47 % en moyenne), les 40 ans (respectivement 47 % et 52 %) et plus, les inactifs (respectivement 45 % et 52 %). » En revanche, les hommes pensent à 60 % que l’Hadopi ne sert que les intérêts de certains. D’ailleurs, les PCS+ considèrent clairement qu’elle n’est pas en phase avec la culture internet.

Si globalement, un tiers des sondés semble susceptible de passer à une offre légale, les acteurs de la musique seraient plutôt satisfaits, ou moins pessimistes. Pour David El-Sayegh, directeur du SNEP : « L'Hadopi était nécessaire pour rappeler que la culture a un coût. Mais il faut encore attendre pour faire le bilan. » (Figaro

Reste alors, pour couronner le tout, l’opinion d’Éric Walter, secrétaire général d’Hadopi, pour qui « 42 % des internautes déclarent que l’Hadopi les dissuadera de consommer des oeuvres de façon illégale ». Dans ces conditions, on comprend que même les acteurs, comme le Syndicat national de l’édition, qui n’a absolument aucun retour concret sur le piratage de livre, se précipite dans une solution coûteuse autant qu’inutile.

Consulter le rapport de l’Hadopi