Hadopi : l'offre légale en progrès, mais toujours très chère

Clément Solym - 11.10.2013

Lecture numérique - Usages - Hadopi - offre légale - contenus numériques


Le rapport d'activité 2012-2013 de l'Hadopi vient d'être publié, et après trois années d'activité, la Haute Autorité s'apprête à entrer dans la quatrième avec joie. Dans le champ d'action, évidemment, musique et cinéma, mais aussi livre numérique, photographie, logiciel et jeu vidéo, rappelle la présidente Marie-François Marais. C'est-à-dire, les six secteurs labélisés.

 

 


 

 

Aujourd'hui, le label PUR, garantissant un commerce légal, compte 15 % de services dédiés au livre numérique. Au 30 juin, les offres de plateformes dédiées à l'ebook, à la photo, ou encore au logiciel et jeu vidéo étaient passées de 23 % à 37 % entre 2012 et 2013. 

 

Concernant le strict domaine du livre, Hadopi constate que l'on est passé de 5 à 11 plateformes labélisées, expliqué par « la hausse du niveau d'équipement des Français en liseuses et tablettes, mais aussi par l'élargissement des catalogues disponibles qui incite à la création de services culturels de diffusion en ligne ». 

 

Parmi les prestataires, des noms connus, comme Numilog ou i-Kiosque, mais également dans la BD, avec Delitoon, izneo, AveComics ou BDFolies, alors même que c'est le secteur éditorial le plus concerné par la contrefaçon.  

Parmi les offres titulaires du label, le modèle de l'achat à l'acte domine. Néanmoins, certains proposent des abonnements permettant une consultation illimitée, sur le modèle du streaming musical. C'est le cas par exemple de YouBoox. Les catalogues généralistes peuvent atteindre 230 000 titres tandis que les plateformes de bandes dessinées représentent généralement 3 000 à 4 000 titres.

 

Mais l'Hadopi estime également que la consommation licite de contenus est en augmentation. Ainsi, 78 % des consommateurs de biens culturels dématérialisés auraient recours à des offres légales, contre 71 % en 2011. Si 15 % des internautes ont des pratiques illicites, mixtes ou exclusives, le chiffre serait là encore en recul par rapport à décembre 2011. « Au total 87 % des utilisateurs fréquentent des sites licites », conclut l'étude.

 

 

 

 

Si la musique est davatange consommée par des voies légales, à 80 % contre 72 %, c'est également le cas pour la photo, à 94 % ou les jeux vidéo, à 84 % et le livre à 87 %. Finalement, c'est avant tout les vidéos et séries TV qui sont touchées. 

Pour la majorité des consommateurs (51 %), la première motivation à consommer de façon licite est la conformité avec la loi. Le respect des créateurs fait également consensus auprès de l'ensemble des internautes interrogés, qu'ils aient déclaré avoir des pratiques licites ou illicites.

 

Consommation et usages

 

71 % des internautes français interrogés ont consommé au moins une des catégories de biens culturels dématérialisés considérés dans cette étude.

 

Les 15-24 ans ont la consommation la plus diversifiée avec 4,1 catégories de biens consommées en moyenne (contre 2,2 en moyenne pour l'ensemble des consommateurs).

 

70 % des consommateurs déclarent connaître l'offre légale d'au moins une catégorie, les offres les plus connues étant celles des Logiciels, des Livres et de la Musique / Vidéo clips. À l'inverse, l'offre légale de Photos est aujourd'hui peu connue.

 

Les plus jeunes internautes (15-24 ans) sont davantage au fait de l'existence d'une offre légale (86 % connaissent au moins une offre légale vs. 70 % en moyenne), bien plus que les 25-39 ans et les plus de 40 ans.

 

61 % des consommateurs déclarant connaître l'offre légale se disent satisfaits de l'offre légale dans son ensemble. Néanmoins, on observe des différences dans le niveau de satisfaction selon la catégorie de bien considérée.

 

Sur le critère de Qualité technique, qui s'avère le mieux évalué pour toutes les catégories de biens, l'offre légale de logiciels est la mieux notée, par 87 % des consommateurs.

 

À l'inverse, l'offre légale est jugée (très) chère, quelle que soit la catégorie de bien. Les films et les logiciels en particulier, sont chers pour 82 % des consommateurs.

 

Sur le critère de Richesse/variété, les  consommateurs apprécient plus particulièrement l'offre légale de jeux vidéo (78 % disent qu'elle est « riche/ variée »), de logiciels (76 %) et de musique/vidéo clips (75 %). Les films (66 %), livres (65 %) et séries TV (61 %) sont moins bien évalués sur ce critère.